Le groupe Discovery deviendra l'actionnaire majoritaire d'Eurosport France dans les prochains jours. Avec de très grosses ambitions.

D’ici à quelques jours, probablement dans la semaine à venir, le CSA devrait accepter la demande du groupe TF1 faite fin décembre d’abandonner la fréquence qu’il possédait sur la TNT payante pour Eurosport France. La disparition de la chaîne sportive de la TNT payante ouvrira alors en grand les portes d’une prise de participation majoritaire du groupe Discovery dans Eurosport France, comme l’annonçait l’alliance signée il y a deux ans entre les deux groupes.

Actuellement, le groupe américain, qui détient 51% d’Eurosport International (54 pays, 20 langues, 133 millions de foyers), ne possède que 20% de la filiale française. Légalement, Discovery, entreprise non européenne, ne peut pas augmenter sa participation tant que TF1 n’a pas abandonné sa fréquence TNT.

Dans quelques jours donc, et si personne chez Eurosport ne souhaite encore aborder le sujet, Discovery pourra devenir majoritaire à 51% (voire acquérir 100% avant décembre 2017). Le groupe américain sera alors en mesure d’investir dans Eurosport France et d’aller rivaliser sur le terrain des droits télé avec ses nouveaux concurrents que seront Canal+, beIN Sports, France Télévisions et les autres chaînes sportives du PAF.

Discovery en a les moyens. Ce sera sans doute un peu court pour les droits du Top 14 mis en vente en décembre et dont on attend une réponse des diffuseurs le 19 janvier. Mais Discovery a d’ores et déjà annoncé qu’il s’intéressera à l’ensemble des droits premium sur le marché international et hexagonal.

«Notre stratégie sera agressive, quitte à passer des alliances pour acquérir des droits», a annoncé Jean-Briac Perette, le boss de Discovery International, à la Royal Television Society (RTS). «Nous n’avons pas acheté Eurosport pour maintenir un statu quo. Nous observerons toutes les opportunités du marché.»

« Formule 1, Wimbledon, Premier League... »Discovery lorgnerait ainsi sur les droits de la Formule 1 que détient encore Canal+ pour une saison. Ce qui renforcerait le pôle sports mécaniques déjà conséquent sur Eurosport. Idem pour le tennis. Le groupe américain, qui détiendra trois tournois du Grand Chelem (Australie, US Open et Roland-Garros) pourrait aussi faire une offensive du côté de Wimbledon actuellement détenu par beIN Sports.

«Nous croyons dans la marque, dans son potentiel, assure Perette sur le site SportsPro. Notre priorité est de sécuriser ses droits. Ensuite de lui donner une image de chaîne de sport premium et développer ce nouveau statut par plus de communication.»

Une stratégie d'acquisition portée sur les sports populaires au niveau local déjà engagée à l'étrang

En Italie, Discovery s’était par exemple positionnée il y a quelques semaines sur les droits de la Serie A italienne en concurrence avec Mediaset et Sky Italia. Qu’elle n’a finalement pas eus. Aujourd’hui elle s’intéresse, pour British Eurosport, à des lots de Premier League qui viennent d’être mis sur le marché en Grande-Bretagne. En s’alliant, pourquoi pas, à BSkyB ou Virgin Media, pour contrer BT. Et Quest, l’une de ses chaînes, a diffusé la rencontre amicale Real Madrid – Milan AC fin décembre dernier.

Discovery aurait aussi déjà acquis les droits du championnat du monde de Hockey sur glace 2015 qu’elle réserve à ses filiales Eurosport de Scandinavie, grands fans de la discipline et donc garantes de grosses audiences.

Des ambitions à prendre très au sérieux

Le groupe Discovery, leader mondial de la télévision payante, est déjà présent dans près de 220 pays et territoires. Soit un peu moins de trois milliards d’abonnés. Un atout visibilité qui compte pour les ayant-droits. «Nous n’avons pas d’histoire dans le domaine des programmes de sport, mais c’est devenu un genre incroyablement important aujourd’hui. Mais nous ne sommes pas pressés, c’est un marathon, pas un sprint», a ajouté Perette lors du dernier Sportel à Monaco. Il faudra enfin garder un œil sur TF1 et voir ce qu’elle fera des 800 millions d’euros et quelques engrangés dans l’affaire.

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