Le groupe tient à faire de l'ex-Fagor-Brandt un champion mondial
Cevital va investir 200 millions d’euros à Sétif


“Nous voulons créer un groupe avec un portefeuille diversifié. L'Algérie complètera cette offre avec des produits de ‘Mass Market’ et elle distribuera les produits européens”, explique Malik Rebrab.

Le groupe Cevital va construire une nouvelle usine d’électroménager en Algérie, à Sétif, où il va investir “200 millions d'euros”. C’est ce qu’a révélé, jeudi Malik Rebrab, directeur général du pôle industrie de Cevital, cité par le journal Le Figaro, lors d’une conférence de presse du groupe Brandt sur le site de Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret). Il y produira des lave-linges et des réfrigérateurs, des produits de “Mass Market”, a-t-il précisé. Une usine “capable de produire 8 à 10 millions d’appareils par an. Soit dix fois plus qu’un site comme Saint-Jean-de-la-Ruelle ! Le terrassement a débuté, l’usine doit être achevée dans vingt-quatre mois. À la clé, 7 500 emplois, selon le P-DG, Issad Rebrab”, souligne Le Monde.fr. “Quand on parlait de produire à bas coût, on regardait jusqu’à présent vers l’Asie et un peu la Turquie”, souligne Sergio Trevino, le président de Brandt, rapporte Le monde.fr.

Or, “Sétif sera encore plus compétitif que l’Asie pour alimenter les marchés d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient”, compte tenu des frais de transport et de la hausse des salaires en Chine. “On va déplacer le barycentre du secteur de l’Asie vers la Méditerranée”, assure le patron de Brandt. Cevital ne manque pas d'ambitions pour sa division électroménager rebaptisée “Groupe Brandt”. “Nous finalisons son intégration en vue de créer un acteur régional majeur en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord”, a indiqué Malik Rebrab. Si l'intégration de l'Espagne et d'une usine polonaise de l'ex-Fagor-Brandt est toujours en cours, la France est au cœur du dispositif. Le groupe d'électroménager Brandt a annoncé son objectif de renouer dès 2015 avec le chiffre d'affaires de 1,2 milliard d'euros qui était le sien en 2012 avant son redressement judiciaire. “Notre objectif est de retrouver notre niveau de chiffre d'affaires de 2012”, a affirmé Sergio Trevino, président du groupe. “La différence est qu'à l'époque nous réalisions ce chiffre en France et en Espagne, alors que maintenant nous misons sur notre développement en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient”, a-t-il ajouté. Après sa reprise par Cevital, Brandt espère réaliser 40% de ses ventes en Afrique et au Moyen-Orient dès l'an prochain, alors que ses ventes étaient jusqu'à présent “marginales dans ces deux régions”, a précisé M. Trevino. “Mais l’ambition, à terme, est d’atteindre
4 milliards”. Pour y parvenir, Brandt entend d'abord relancer l'innovation en misant sur ses quatre marques (Sauter, Vedette, De Dietrich, Brandt). En France, de nouveaux lave-linges avec ouverture frontale seront disponibles dès septembre. En 2015 viendront des fours connectés. Mais c'est surtout sur la complémentarité entre l'Algérie et la France que Cevital parie. “Nous voulons créer un groupe avec un portefeuille diversifié, explique Malik Rebrab. L'Algérie complètera cette offre avec des produits de ‘Mass Market’ et elle distribuera les produits européens”. La reprise de l’essentiel du groupe d’électroménager par le groupe Cevital, validée le 14 avril par le tribunal de commerce, a permis de relancer la production depuis une semaine. “Grâce à Cevital, nos produits renaissent depuis un mois”, a souligné le directeur des usines de Brandt France, Thierry Madzar. “Après cinq mois d'arrêt des machines, 350 personnes ont repris le travail dans la plus grande usine de l'ex-Fagor-Brandt, qui fabrique des fours, des tables à induction ainsi que des cuisinières”, rapporte Le Figaro. D'ici à deux semaines, les deux sites devraient tourner à plein régime (700 personnes). 100 à 150 intérimaires devraient être embauchés.

R. E.

Liberté