Un nouveau décret pour lutter contre l’extraction illicite du sable des oueds, devra être promulgué, bientôt, par le gouvernement. Le décret en question, devra lutter également contre le vol d’eau, par les citoyens à leurs domiciles ou par les agriculteurs, a annoncé, jeudi, le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib .

«Nous préparons, actuellement, un nouveau décret qui sera soumis au gouvernement afin d’agir contre le vol de l’eau par les citoyens ou par les agriculteurs, et lutter contre l’extraction illicite du sable des oueds, qui constituent des problèmes assez sérieux», a déclaré le ministre, jeudi, en marge d’un regroupement national des directeurs des ressources en eau des wilayas. Hocine Necib a souligné qu’à travers la promulgation de ce décret, l’Etat «va sévir» et «renforcer son autorité» pour faire face à ces phénomènes et lutter contre la surexploitation du sable des oueds qui provoque la pollution de la nappe phréatique non profonde, a encore rapporté l’APS.

En 2007, une loi réglementant les activités liées à l’exploitation du sable des oueds et à la gestion de l’eau, modifiant et complétant celle du 5 décembre 2005 relative à l’eau, avait été promulguée, sans qu’elle ne réussisse à encadrer d’une façon optimale les activités d’extraction et d’exploitation du sable des oueds. Et rien que l’agression effrénée et à large échelle de l’oued Sébaou, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, pourtant pourvoyeur de 60% des ressources sen eau pour la population de la wilaya, est la parfaite illustration de l’échec de la mise en application de la dite loi. En août 2009, un communiqué de la direction de l’hydraulique de la wilaya a exhorté les propriétaires de sablières, ayant l’autorisation d’extraire le sable de l’oued Sébaou, à «mettre fin à leur activité». Délai fut donné pour huit sablières de cesser toute activités dans le mois même. Une loi que Hocine Necib a tenu à rappeler, jeudi dernier, selon l’APS qui a indiqué que le ministre a rappelé l’existence d’un cadre juridique dans ce domaine, dont un arrêté fixant les zones autorisées et celles frappées d’interdiction. Le ministre a, à ce propos, appelé les exploitants à «se soumettre à ces lois, en demandant des autorisations d’exploitation préalables dans un cadre réglementé».

Au niveau des institutions chargées d’appliquer ces lois, «la difficulté réside dans les moyens à mettre en œuvre pour pouvoir lutter efficacement contre les pilleurs de sable qui agissent en nocturne», n’ont-ils cessé de soulever. L’impuissance d’agir sur le terrain, «faute de moyens humains et matériels», conjuguée au manque de coopération des services de sécurité, sensés apporter un appui logistique de dissuasion et de défense, en cas d’agression de la part des pilleurs, a fait que l’application de ces textes de lois restent sans impact. Par ailleurs, le ministre des Ressources en eau a annoncé, ce jeudi également, que l’Etat a décidé de mobiliser 1 500 milliards de dinars, durant le plan quinquennal 2015/2019, pour le secteur, afin d’améliorer l’accès à l’eau potable aux populations du pays et d’étendre les surfaces irriguées.

Ceci, alors que le département de Hocine Necib prévoit la réception, durant ce second semestre, de deux barrages et de 14 projets d’alimentation en eau potable, de 8 stations d’épuration et de 6 grands périmètres irrigués. Des insuffisances ont été, néanmoins, relevées par le ministre, notamment en matière de qualité de services et de raccordement des populations les plus éparses, aux réseaux d’alimentation et d’assainissement. D’où son rappel à «redoubler d’efforts» pour «la prise en charge efficiente»

de la gestion du service public de l’eau et de l’assainissement. S’adressant à ses directeurs de wilaya, M. Necib a rappelé les mesures prises à travers une circulaire pour assurer la disponibilité de l’eau potable aux populations durant le mois de Ramadhan et la saison estivale.

M.A.T.- La Dépêche de Kabylie