Les industriels touchés par les actes terroristes demandent une audience à Ahmed Ouyahia, ministre d’Etat, directeur de cabinet à la présidence de la République, dans le cadre des consultations sur le projet de révision de la Constitution.


«Nous sommes les oubliés de la réconciliation nationale et il est temps que l’Etat prenne en considération nos doléances et intègre nos droits dans la Constitution», affirme Fatma Hlaimia, présidente du Collectif des victimes de terrorisme de catégorie dégâts moraux et matériels. Neuf exigences sont formulées par cette catégorie de victimes, qui se disent «lésées et oubliées» de la charte de la réconciliation nationale. Ces entrepreneurs veulent un statut de victime et demandent l’application du décret exécutif de 1997 portant sur l’attribution de l’indemnisation ainsi que l’application des mesures consenties au profit des personnes physiques victimes de dommages corporels ou matériels.

Les victimes veulent également une reconsidération surtout que le décret 06-36, signé par Ouyahia, à l’époque chef de gouvernement, imposait à ces ruinés de rembourser les banques et de payer leurs impôts. «Nous avons vendu nos biens personnels pour ne pas déroger à la loi, alors que l’Etat devait prendre des mesures d’aide en notre faveur», regrette encore la présidente du collectif. Le collectif des victimes du terrorisme propose que l’Etat aide ces industriels à reconstruire leurs usines. «Cette démarche doit être faite par des commissions spécialisées et des experts avec des normes internationales. Certes, c’est une exigence qui coûterait plus cher à l’Etat que notre indemnisation. Cela est une conséquence d’un retard accusé et de la sourde oreille qu’il adopte depuis 20 ans», affirme Hlaimia.

Les compagnies d’assurances devraient aussi, selon la lettre du collectif, contribuer à cette reconstruction dans la mesure où, au moment des faits, les assurances ont refusé de rembourser les dégâts sous prétexte que la loi ne prévoyait pas les cas d’actes terroristes.

Nassima Oulebsir