Russie lâche du lest concernant les livraisons de gaz à l’UE et à l’Ukraine. Les trois parties ont repris mercredi leurs discussions à Bruxelles, dans un climat détendu par l’annonce russe d’un report au 16 juin de l’ultimatum à Kiev pour le paiement de sa dette gazière. Gazprom avait déjà repoussé son ultimatum du 3 au 9 juin, puis du 9 au 10 juin, après avoir reçu un premier versement par Kiev de 786 millions de dollars. L’autre élément qui a contribué à la baisse de la tension entre les deux capitales est l’annonce par le président ukrainien, Petro Porochenko, de la création de couloirs humanitaires réclamés par Moscou, dans les zones de combat à l’est de l’Ukraine.
Ainsi, l’atmosphère est plutôt optimiste à Bruxelles bien que le commissaire européen à l’Energie, Günther Oettinger, ait prévenu «qu’un règlement du contentieux gazier russo-ukrainien pourrait prendre plusieurs jours», tout laisse à croire, que pour une fois, les Russes sont prêts à négocier.
L’entrevue entre Angela Merkel et Poutine, la semaine dernière, aurait donc donné ses fruits. C’est ce que rapporte un communiqué du Kremlin qui indique que le président russe a demandé à la délégation russe de poursuivre les négociations avec des «positions constructives» en vue de parvenir à «un accord mutuellement acceptable». Concrètement, cela s’est traduit par le report du passage au système de prépaiement.
Par contre, les Russes et les Ukrainiens butent encore sur le prix du gaz réclamé par Moscou, fixé à un niveau sans équivalent en Europe depuis l’arrivée au pouvoir de pro-occidentaux. Moscou a proposé à Kiev une ristourne de 100 dollars pour 1.000 m3 sur son tarif, passé au 1er avril de 268 à 485 dollars, mais Kiev reste sur ses gardes. «Nous connaissons les pièges des Russes: leur réduction est décidée par leur gouvernement, et peut être supprimée par le gouvernement. Notre proposition reste la même, c’est que le contrat soit changé», a expliqué le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk.
Les Européens, de leur part, ont essayé de trouver un juste milieu. Selon la presse russe, Bruxelles aurait proposé un prix autour de 360 dollars pour 1.000 m3. Les représentants russes se seraient rendus à Moscou mardi pour en rendre compte personnellement à Vladimir Poutine. A l’heure ou nous mettions sous presse, aucune réponse n’avait encore filtré.
En attendant, un climat optimiste règne sur la crise ukrainienne. «J’ai vu que toutes les parties étaient prêtes à agir pour une désescalade», a jugé le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier. «Je ne dis pas que nous avons déjà trouvé une issue à la crise, mais l’escalade a laissé place à une nouvelle atmosphère», a-t-il ajouté. -

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