De la prison avec sursis requis contre les ouvriers qui avaient trouvé un trésor


Un lingot et des pièces d'or - Bertrand Guay AFP
«Si vous trouvez un trésor, surtout, vous me le dites», avait plaisanté Isabelle Thibault, la propriétaire des lieux. Mais Julien, Mikaël et Miguel n’ont rien dit. Et pour avoir déterré en secret seize lingots et 600 pièces d’or lors d’un chantier de terrassement à Notre-Dame-de-l’Isle, les trois ouvriers ont comparu, ce vendredi après-midi, devant le tribunal d’Evreux (Eure).
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«Au fond d’eux, les trois hommes sont honnêtes», a convenu le représentant du parquet. Mais la tentation a été trop grande quand ils ont vu «la couleur étincelante» de l’or en ouvrant des bocaux de verre qu’ils venaient de déterrer. En conséquence, le procureur a requis 24 mois de prison avec sursis à l’encontre de deux ouvriers et 30 mois à l’encontre du troisième. Car la loi impose de déclarer un trésor découvert. Et prévoit surtout un partage équitable entre les propriétaires des lieux et les découvreurs.
Les anciens propriétaires se manifestent

«Si vous aviez été honnêtes, vous auriez passé le plus beau Noël de votre vie», a asséné le procureur, estimant qu’ils avaient perdu tout droit au trésor. Isabelle et Thibault Beauté, les propriétaires de la maison où le chantier se tenait, ont, eux, réclamé 450.000 euros, soit la moitié du trésor, en se payant sur les biens saisis des trois ouvriers.
Pourront-ils toucher cet argent? La question demeure, car les anciennes propriétaires de la maison, héritières d'un vieil homme qui avait l'habitude d'offrir de l'or à sa famille, ont voulu se constituer partie-civile. Cette demande a été rejetée mais leur avocate, Audrey Teani, du barreau de Bordeaux, a affirmé qu'elle ferait appel.
«Je dispose des titres de propriété et dans la famille il y a des pièces identiques», a-t-elle dit, engageant un vif débat juridique avec la présidente du tribunal et précisant que ce trésor avait été enterré entre 1940 et 1960.
Le jugement a été mis en délibéré au 5 février.