Des dputes ont rclam jeudi la reprise de la peine de mort, suspendu depuis 1993, en vue de dissuader les criminels suite la hausse des kidnappings denfants, des viols et des assassinats. Les dputs qui ont soumis cette demande lors des questions orales adresses au ministre de la justice Tayeb Louh ont estim que la reprise de lapplication de la peine capitale dissuaderait la criminalit qui a enregistr une hausse inquitante ces dernires annes.

Selon ces dputs, laugmentation des rapts denfants suivis de meurtre ainsi que les assassinats denfants, dont certains ont dfray la chronique ces derniers jours, rendent ncessaire le durcissement des peines rendus par les tribunaux. La peine de mort est suspendue depuis 1993 au lendemain de lexcution des mis en cause dans lattentat de laroport Houari Boumediene en aout 1992. LAlgrie avait sign la convention internationale prconisant un moratoire sur la peine de mort.

En rponse cette revendication, le ministre de la Justice, Garde des sceaux, Tayeb Louh, a affirm que la question de lapplication de la peine de mort en Algrie ncessitait un dbat ouvert et objectif incluant toutes les catgories de la socit loin des prjugs et des influences conjoncturelles. Il a ajout que la position de lAlgrie ce sujet doit correspondre aux spcificits de la socit algrienne que plusieurs expriences ont forges dans ce domaine travers le temps .

Le ministre a rappel que la suspension de lapplication de la peine de mort en Algrie remontait 1993 faisant savoir, loccasion, que plusieurs autres pays dont la lgislation prvoit la peine de mort, nappliquaient pas cette sentence. Les socits modernes sont confrontes au problme de lapplication des peines du fait de ses retombes juridique, humaine et sociale, a-t-il dit affirmant que cette question fait encore polmique au sein de diffrents courants intellectuels, y compris en Algrie .

La sanction judiciaire, dans son acception moderne, ne revt pas un caractre vindicatif, elle nest pas non plus associe une entreprise punitive mais vise protger la socit travers lidentification des causes personnelles et sociales menant au crime , a ajout M. Louh. De nombreux rapts et assassinats denfants et dhomicides contre des personnes isoles dans plusieurs villes du pays ont jet leffroi au sein de la socit poussant des imams et des les familles des victimes rclamer lapplication de la peine capitale.
K. M.
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