Les sites sont multiples et font partis d’un réseau international bien huilé, le tout orchestré par la mafia israélienne, via des sociétés écran au Royaume-Uni. L’objectif ? Vous convaincre de l’existence d’une somme plus ou moins importante qu’ils doivent vous rembourser en re-créditant votre carte bancaire.

Le concept de l’escroquerie en détail

Tout commence par un appel téléphonique, par le biais d’un numéro français local en 01, souvent depuis l’étranger mais re-routé en France. L’interlocuteur parle parfaitement bien le français et engage la conversation en possession de votre identité complète (nom, prénom, adresse mail et adresse postale).

Pas de doute, l’arnaque est ciblée et très bien ficelée ! On va alors vous expliquer brièvement la situation, toute droit sortie de l’imagination des escrocs : leur service possède un dossier complet sur vous (avec une référence à retenir s’il vous plait) et se dit chargé de vous rembourser une somme vous appartenant qui a été bloquée sur une ancienne plateforme de trading fermée par l’autorité de régulation des marchés financiers… La somme varie toujours : 650 € puis 700 € puis 952 €.

Mais voila, lorsque vous les interrogez sur le nom de cette soit disant plateforme, c’est une réponse négative qui arrive : ils ne l’ont pas en leur possession. Aie, premier détail louche. La conversation continue ensuite avec une vérification plus approfondie avec votre date de naissance.
Lorsque les données bancaires entrent en jeu

Nous arrivons au point culminant de l’arnaque lorsque les escrocs vous demande de vérifier le numéro de la carte de crédit qu’ils ont (soit disant) en leur possession. Dommage qu’il ne puisse donner que les 2 premiers chiffres, en l’occurrence 49, du coup cela est typique des cartes Visa (les MasterCard commençant par 5 obligatoirement et non 4 comme les Visa). Une chance sur deux pour que l’escroquerie fonctionne donc.

Si vous êtes dans le bon cas, vous pouvez croire à ce stade que votre interlocuteur a bel et bien vos données bancaires entre les mains…
Le piège se referme

L’espoir commence a retomber lorsque l’escroc communique la société pour laquelle il oeuvre : une plateforme de trading située en Angleterre. Étonnant ! Dans le cas présent, il s’agit de BinaryFxMarket (binaryfxmarket.com) situé à Londres. Le site est cité dans la liste noire des brokers par Qualitas Security (http://qualitassecurity.org/Courtiers—Brokers.php) comme faisant parti de l’un des plus grands réseaux mafieux connu dans le domaine du trading. Ce dernier est dirigé par des israéliens et un Whois sur le nom de domaine vérifie cette information.

Cependant, le remboursement a été promis et semble possible puisque la carte parait correspondre (c’est vite dit). Mais inutile de jubiler, ce n’est pas aujourd’hui que vous gagnerez des centaines d’euros tombés du ciel !

En effet, l’escroc va rapidement enchaîner sur une phrase de ce type : « d’accord monsieur, veuillez patienter pendant que j’interroge la Banque de France afin de vérifier la validité de votre carte ». Oui oui, vous avez bien lu !

Malheureusement, après 5 à 6 secondes de silence et de bruit de clavier, il s’avère que votre carte bancaire est expirée. Pas de chance ! Il va donc falloir communiquer à cette personne totalement inconnue les coordonnées complète de votre carte bancaire réelle actuelle. Bien entendu, si vous le faite, s’en est fini pour vous…

Il faut bien être conscient que l’escroc fait tout pour mettre en confiance et faire croire qu’il possède tout sur vous, qu’il a accès à tout, y compris à votre carte bancaire. Mais il n’en est rien. Les données personnelles sont probablement compilée entre des données publiques (Whois, sociétés, réseaux sociaux, etc), des données achetées (légalement ou pas) ou encore des données piratées provenant d’autres plateformes.
L’allègement de 500 €

La dernière phase de l’escroquerie arrive quand l’interlocuteur explique que pour vérifier que la carte n’est pas volée, il doit procéder à une empreinte de 500 €. Ouch ! Bien entendu, pas de panique d’après lui, la somme sera remboursée en addition de ce qu’il vous doit.

Pour imaginer et rendre plus officiel la procédure (le fisc est même invoqué), il n’hésite pas à vous envoyer un mail en vous demandant expressément de lui renvoyer une copie de pièce d’identité, de votre CB et d’une attestation d’hébergement. La classe non ?
Conclusion

Le vol peut aller beaucoup plus loin ensuite étant donné que l’escroc possède non seulement vos données bancaires mais aussi les justificatifs d’identité liés. Autant dire que toutes les portes lui sont ouvertes ! Derrière ce genre de sites se cachent de véritables organisations criminelles. Des gangs mafieux très structurés, très au fait des subtilités des opérations financières. Ils manoeuvrent depuis le nord de Chypre (la partie turque) devenu le paradis d’accueil de ces plates-formes Internet, parfois d’Ukraine. Mais aussi et surtout depuis Israël et notamment la ville de Netanya, connue pour être la ville des Français.
Liste noire

Pour information, voici la liste noire gérée par l’AMF suivie de celle de Qualitas Security figée au 27/09/2014 :