Alors que le budget 2015 en Espagne ne prévoyait aucune acquisition de drones pour son armée de l’air, le gouvernement Rajoy vient d'en décider autrement. Sous la pression des militaires, suite à l'acquisition de 3 drones par le Maroc, le royaume ibérique compte commander quatre appareils de fabrication israélienne pour un montant de 400 millions d'euros.



L’armée de l’air espagnole pourrait recevoir de nouveaux drones en 2015. Finalement, le gouvernement Rajoy a cédé à la pression de la hiérarchie militaire et a décidé d’entrer en négociations avec Israël pour l’acquisition de quatre avions sans pilotes de type Heron TP, indique le site ECD, proche des milieux des renseignements. C’est justementle même type d’appareil que le Maroc avait acquis, en janvier dernier, grâce à une médiation du constructeur français Dassault.
Le 20 octobre des hauts gradés de l’armée de l’air ont dénoncé l’absence, pour la deuxième année consécutive, dans le projet de loi de finances 2015 de toute mention d’achat de nouveaux drones dits stratégiques. Ils ont alerté des conséquences sur l’équilibre des forces entre le Maroc et l’Espagne. Au niveau aérien, l'armée espagnole se plaignait déjà de la réduction de l'avance qu'elle possédait sur le Maroc, avec par exemple des avions de chasse F18 inférieurs techniquement aux F16 de l'armée de l'air marocaine.
Madrid a cédé à la pression des militaires
L’avertissement a, immédiatement, fait son effet au palais de la Moncloa. La rigueur budgétaire, prônée depuis 2012 par le cabinet Rajoy, a été mise en sourdine. Deux semaines plus tard, le gouvernement a donc annoncé la future conclusion du contrat avec la partie israélienne, d’un montant estimé à 400 millions d'euros. Un message fort à l’adresse des militaires et des milieux de droite, obsédés par la question des rapports de force avec le Maroc.
Pourtant, en 2015 le ministère espagnol de la Défense compte consacrer 10 milliards d'euros pour équiper tous les corps de son armée de nouveaux armements. Un chiffre très supérieur aux 3,6 milliards de dollars prévus dans le PLF 2015 par le gouvernement Benkirane, pour l’Administration Nationale de la Défense et dont 70% est destiné aux paiements des salaires. Un écart de budget qui prouve que la crainte des milieux militaires espagnols vis à vis de l'armée marocaine est en grande partie exagérée pour pousser le gouvernement à faire plus d'efforts.