Abdelmalik El Makrini Photo/Lavoixdunord

Abdelmalik El Makrini, le lycéen qui avait hissé le drapeau du Tawhid sur le toit de sa maison durant son séjour au Maroc, est toujours en prison. Même si sa libération avait été annoncée au lendemain des faits, cet habitant de Lambersart (Nord-Pas-de-Calais) est toujours dans un centre de détention à Salé. La famille, son avocat et le Quai d’Orsay attendent sa libération.
La famille d’Abdelmalik El Makrini est toujours anxieuse. La cause, la détention dans un centre à Salé au Maroc de ce jeune lycéen de 18 ans vivant en France, pour de prétendus liens avec des groupes jihadistes. Les faits remontent à fin août dernier lorsqu’Abdelmalik, alors en vacances dans la résidence familiale à Bni Bouayach, (Al Hoceima) avait hissé sur le toit de sa maison le drapeau du Tawhid. Un drapeau qui a d'abord été pris pour celui d'EI mais qui, en réalité, est celui du Tawhid que certains groupes jihadistes utilisent comme signe de raliement. L'auteur des faits avait ensuite été interpellé par la police.
Toujours en détentionL’incident aurait été rapidement résolu et le jeune lycéen libéré. Du moins c’est ce qui avait été annoncé après son audition au commissariat. Mais voilà deux mois après les faits que le jeune Marocain est toujours détenu. Sa sœur explique à LaVoixduNordqu’Abdelmalik a été conduit à Casablanca après son arrestation. "Il a été emmené au poste de police, puis conduit dès la nuit suivante à Casablanca dans les locaux de la police anti-terroriste", explique Karima. "Abdelmalik ne connaît pas l’arabe. Et d’après lui, aucun des policiers qui l’ont interrogé ne parlait français. Ce qui explique qu’il a signé un PV dans lequel il avouerait faire l’apologie du terrorisme", rajoute-t-elle. Pour Karima, c’est après la traduction du PV en français qu’Abdelmalik s’est rendu compte du contenu. "Mais évidemment, il nie avoir eu cette intention" (de faire l’apologie du terrorisme). Arrivé à Casablanca, le jeune garçon sera conduit à Salé dans un centre de détention où il partage une cellule avec 25 autres personnes.Visite du Consulat français au MarocMi-septembre, le Lambersartois a reçu une première visite du consul général de France au Maroc et il est, depuis, défendu par un avocat. Trois de ses sœurs vivant en France lui rendent visite deux fois par semaine. Dans son lycée, on indique que le détenu n’a jamais montré des signes d’appartenance à un groupe jihadiste. "C’est un garçon qui n’a jamais fait parler de lui et qui est d’ailleurs plutôt un lycéen très sympathique !", a expliqué à la même source, Jean-Marie Trapiani, proviseur du lycée Baggio de Lille. Sa sœur confirme que le détenu "pratique sa religion" sans tomber "dans l’excès".Pour Abdelhalim Sayoud, président de l’association d’entraide du Pacot-Vandracq, qui recueilli une trentaine de témoignages confirmant "la bonne moralité" du jeune homme, ce qu’a fait Malik est "maladroit", mais le lycéen est en fait "victime de la peur qu’a le gouvernement marocain d’une émergence de groupes islamistes".Audience pas encore fixéeEn tout cas, tous les moyens de défense sont déployés pour tirer d’affaire Abdelmalik. "Son avocat nous a demandé de lui transmettre un extrait de casier judiciaire, vierge, évidemment, pour montrer aux juges que ce n’est pas un délinquant", explique sa sœur. Le détenu a reçu une autre visite du consulat. Du côté du Quai d’Orsay, on indique qu’il y a des contacts réguliers avec la famille. Paris attend que soit fixée une date d’audience à laquelle assistera un de ses agents. Une page Facebook a été également ouverte en guise de soutien au lycéen