Contrairement la crise financire de 1929, celle de 2008 ne nous a pas plong dans la dpression parce que la mondialisation a rendu les pays trop dpendants les uns des autres pour leur permettre d'tre gostes.

La crise financire ne en 2008 aux Etats-Unis de leffondrement des prts immobiliers subprimes a failli dtruire une bonne partie de lconomie mondiale. Le dsastre des annes 1930 qui a conduit la dpression, au fascisme et la guerre aurait pu se reproduire. Mais il a t vit.

Pour preuve, lconomie amricaine vient enfin de retrouver le niveau demploi qui tait le sien en janvier 2008. Alors bien sr entre-temps la population amricaine a augment et il a fallu 6 ans pour recrer les 8,7 millions demplois perdus. Mais la crise a t surmonte.

Le site conomique Quartz reprend la mtaphore du verre moiti vide ou moiti plein en mettant en avant les arguments du dernier livre de Dan Drezner, professeur de relations internationales de la Tufts University. Son livre, The System Worked: How the World Stopped Another Depression (Le systme a fonctionn: comment le monde a stopp une autre dpression) essaye de prendre du recul par rapport la crise et la faon dont elle a t gre par les institutions internationales et les autorits politiques, montaires et financires.
En fait, le titre du livre aurait pu tre Cela aurait pu tre bien pire, explique Dan Drezner. Le rsultat na pas t exceptionnel, mais il na pas t si mauvais que cela.

La raison pour laquelle Dan Drezner a crit ce livre est que lui-mme en 2008 sattendait une catastrophe dune ampleur historique.
Il prparait alors un livre qui annonait leffondrement de lconomie mondiale. Mais quand la crise financire a clat, les principales conomies de la plante ont coordonn au travers du G20 un programme de relance, ont vit les rflexes protectionnistes qui avaient provoqu la dpression dans les annes 1930 et mme tent un peu de rguler la finance et la banque.

Ce que Dan Drezner montre, cest que le niveau dinterdpendance des conomies est considrable et quil sagit en fait dune force qui unifie et non qui divise. Tenter de se protger en fermant les frontires aurait provoqu un cataclysme encore plus grand que dans les annes 1930 et les gouvernements lont bien compris.

Il prend pour exemple le fonctionnement dApple qui conduit les Etats-Unis transfrer 1,9 milliard de dollars en Chine en 2009 uniquement pour y faire fabriquer des iPhones. Or la Chine importe 96% des composants ncessaires la fabrication dun iPhone et redistribue ainsi une grande partie des sommes venant des Etats-Unis.

Cela ne signifie pas que la situation conomique et sociale dans le monde est excellente. Aux Etats-Unis, le march du travail et le niveau des salaires sont loin dtre satisfaisants. En Europe, lactivit conomique reste trs faible et le niveau de chmage extrmement lev notamment dans les pays du sud. La Banque centrale europenne (BCE) a encore abaiss jeudi 5 juin le niveau de ses taux d'intrt court terme pour soutenir l'activit.

Mais ce que dit Dan Drezner, cest que le responsable des difficults ce nest pas la mondialisation et les institutions qui la supporte comme le FMI (Fonds montaire international), mais les gouvernements. Il est trop facile pour les dirigeants politiques de rejeter sur dautres leurs erreurs et leurs incomptences.
Se remettre dune crise financire et dune crise de la dette est toujours long et douloureux. Tout le monde le sait. Raison de plus pour faciliter et acclrer la reprise.

Cela demande des politiques conomiques qui nont pas t totalement mises en uvre aux Etats-Unis et presque pas en Europe l'exception de la BCE. Laustrit a t longtemps le mot dordre en Europe qui a ainsi amplifi sa propre rcession tandis que le FMI rclamait des politiques de relance.
Dan Drezner emploie pour lEurope le terme de unmitigated disaster (un vritable dsastre). Mais il souligne que lconomie mondiale a russi ne pas trop souffrir des difficults de lEurope grce au dynamisme des conomies mergentes.

Dan Drezner est sans doute un peu trop anglique et un peu trop optimiste sur les effets dune unification plantaire par linterdpendance conomique. Il le reconnat. Il a en tout cas raison sur un point et les faits sont indniables. Un ensemble de pays a russi, un peu la surprise gnrale, travailler
ensemble en 2009 et 2010 pour sauver lconomie mondiale. Cest un dbut.

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