Le prochain "SUV" (4x4) compact de la marque ibérique sera produit dans usine Skoda, à Kvasiny en République tchèque. les coûts y sont inférieurs

Volkswagen fait déjà des Seat espagnoles chez le tchèque Skoda. Et ce n'est qu'un début. Un vrai meccano industriel entre ses filiales. Le prochain "SUV" (4x4) compact de la marque ibérique sera en effet produit dans usine Skoda, à Kvasiny en République tchèque, affirme Jürgen Stackmann, PDG de Seat, cité par l'agence Bloomberg. Les coûts y sont plus faibles qu'en Espagne. Le véhicule tchèque, sur une plate-forme allemande mais dessinée par l'espagnol, sortira en 2016. "Il y avait des capacités disponibles à Kvasiny (...), une usine très efficace au niveau des coûts", souligne le dirigeant.

La mini-citadine Seat Mii est assemblée aux côtés de la Skoda Citigo et de la Volkswagen up à Bratislava, en Slovaquie. La berline Seat Toledo, cousine proche de la compacte Skoda Rapid, est déjà fabriquée en République tchèque. A l'iverse, l'usine Seat de Martorell, près de Barcelone, qui produit des petites Ibiza et des compactes Leon, fabrique également des "SUV" Audi Q3.


Encore des pertes
Seat essaye de réduire ses coûts tout en élargissant la gamme. Unique division en perte du groupe allemand, Seat a encore affiché une perte opérationnelle de 152 millions d'euros l'an dernier, du même ordre qu'en 2012... Comme le chiffre d'affaires a un peu augmenté en 2013 (+6%), la marge est légèrement moins négative qu'en 2012 (-2,2%, contre -2,4%). Il n'empêche. Seat a perdu de l'argent pour le neuvième exercice consécutif!

La réussite fulgurante de Skoda, qui a réalisé une marge opérationnelle de 5,1% l'an dernier (6,8% en 2012), a au fur et à mesure marginalisé Seat et rendu son positionnement ambigu. Créée par le régime du général Franco en 1953 avec l'aide de l'italien Fiat, Seat aurait dû être la marque à "bas prix" du consortium Volkswagen, qui l'a reprise en déshérence dans les années 80, après que le groupe turinois s'en soit dégagé. Mais Seat, dont on se rappelle les fameuses 600 et 1500 des années cinquante et soixante (clones des Fiat 600 et 1800), n'a pas eu de chance.

Car le mur de Berlin tombe aussitôt après le rachat. Volkswagen en a profité alors pour acquérir le tchèque Skoda, à la barbe de Renault. Résultat : Skoda a pris du coup la place de ce qu'aurait dû devenir Seat, avec un meilleur savoir-faire, des coûts plus bas, une plus grande proximité géographique, culturelle et industrielle avec l'Allemagne.

Objectif: 800.000 par an
La production de Seat a toutefois augmenté l'an passé à 352.824 unités (contre 321.316 en 2012) grâce à la nouvelle berline compacte Leon, une demi-soeur réussie de la Volkswagen Golf sur la même plate-forme. La berline s'est doublée d'une trois portes et d'un break. Une troisième équipe vient d'être ajoutée à l'usine de Martorell.

Il s'est fabriqué l'an dernier 114.568 Leon (y compris un reliquat d'anciens modèles de la génération précédente). Soit une progression sensible de 60% en un an, avec de bonnes ventes en Allemagne, Grande-Bretagne et Espagne. Mais il manque encore à Seat au total plus de... 450.000 véhicules annuels pour réaliser l'objectif assigné par l'actionnaire allemand, à savoir 800.000 unités pour la firme ibérique en 2018. Seat est trop européocentré, mais une production est envisagée prochainement en Chine

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