L’Algérie, le chat noir du Maroc


le 27.10.14 | 10h00


Dans quasiment tous les câbles envoyés de New York au ministère marocain des Affaires étrangères, l’Algérie est immanquablement citée comme empêcheuse de tourner en rond dans le conflit sahraoui.


On retiendra notamment cette note de la direction des affaires américaines, du 2 octobre dernier, qui invite le chef de la diplomatie marocain «à ne pas sous-estimer les capacités de manœuvre de nos adversaires». Cette note confidentielle s’alarme du fait que Ramtane Lamamra ait été reçu par le secrétaire d’Etat John Kerry et la conseillère à la sécurité nationale, Susan Ric,e lors de sa visite qu’il a effectuée du 18 au 20 septembre dernier à Washington. Rabat perçoit une radicalisation de la position de l’Algérie au plan bilatéral depuis la nomination de Ramtane Lamamra à la tête de la diplomatie algérienne.
Dans une note datée du 6 janvier 2014, signée par Mohamed Loulichki, ambassadeur, représentant permanent du royaume à l’ONU, il y est écrit que l’amélioration des relations entre l’Algérie et le Maroc, «demeure un objectif fuyant et difficile à concrétiser en l’absence d’un changement dans la classe politique et la structure de l’Etat en Algérie». Rabat reproche à Alger de ne pas s’impliquer dans les négociations avec les Sahraouis. «Depuis une année, les dirigeants de ce pays (l’Algérie) ont tout fait pour annihiler les effets des petits pas que M. Ross a fait faire aux relations bilatérales avec le Maroc», lit-on dans le même document. Et d’ajouter : «Les derniers jours de 2013 se sont distingués par une surenchère sans précédent avec, pour la première fois, la demande d’élargissement du mandat de la Minurso faite officiellement par l’Algérie au nom de son Président, le 29 octobre 2013 à Abuja…»
Le document confidentiel met en relief la «mobilisation de la société civile algérienne» à travers le CNASPS et «l’envoi d’une délégation de l’Assemblée nationale aux débats sur la question du Sahara à la quatrième commission des Nations unies». Il cite également les déclarations répétées du porte-parole du MAE, Amar Belani, accusant, lit-on, «le Maroc de tous les maux de son pays». Dans un autre câble diplomatique daté du 22 août 2014, le représentant du Maroc à l’ONU accuse la direction des affaires juridiques et la direction du maintien de la paix, entre autres, «d’adhérer à la thèse polisario-algérienne colportée par Ross selon laquelle le statu quo au Sahara occidental sert les intérêts du Maroc». Et de conclure que le secrétaire général de l’ONU «agit en supplétif de l’Algérie et du Polisario en vue d’affaiblir la position du Maroc et in fine l’obliger à accepter l’inacceptable pour le règlement de ce problème».