Une tude ralise par Natixis et lEcole des mines analyse les consquences des volutions venir de la rglementation audiovisuelle.

TF1, M6 et Canal+ ont tout gagner des changements attendus dans la rglementation audiovisuelle qui leur permettront de plus investir dans la production. Cest la conclusion dune tude mene conjointement par la banque Natixis et par la chaire mdias et marques de lEcole des mines.

Jrme Bodin et Olivier Bomsel, les deux auteurs de ltude, partent sur deux scnarios : une simple volution de la rglementation, ou, plus drastiquement, une rvolution qui verrait la France saligner sur le rgime en vigueur en Grande-Bretagne. Dans les deux cas, les grands groupes audiovisuels privs enregistreraient une amlioration significative de leurs rsultats. Dune part, ils permettraient TF1 et M6 de disposer dun modle plus solide, car plus intgr verticalement, moins volatil, car moins dpendant de la publicit et plus diversifi gographiquement compte tenu des ventes de contenus lexport , notent-ils. Pour Canal+, faute de donnes prcises, les auteurs nont pu mesurer prcisment limpact conomique.
Un march audiovisuel ouvert

Les auteurs de ltude font un constat clair : pense dans les annes 1980 et toilette dans les annes 2000, la rglementation franaise en matire daudiovisuel, et notamment les obligations de production des chanes, qui doivent accorder une large place aux producteurs indpendants, est devenue caduque. Lirruption dacteurs drguls YouTube hier et Netflix aujourdhui a servi de rvlateur. Le cadre rglementaire avait du sens lorsque le march audiovisuel franais tait ferm, dans les annes 1990-2000, avec des barrires lentre fortes et surtout aucun produit de substitution. Lavnement du numrique et la mondialisation du march des contenus amnent reconsidrer les fondamentaux du systme , estiment les deux auteurs.

Chiffres lappui, ils montrent que la rentabilit des groupes audiovisuels franais est en baisse constante depuis le dbut du millnaire, contrairement leurs homologues allemands. La raison se trouve dans limpossibilit qui leur est faite dinvestir dans la production, contrairement ce qui se passe en Grande-Bretagne, en Allemagne ou aux Etats-Unis.
Pas trop tard

De ce fait, les groupes franais ont utilis une large part de leur argent pour investir dans des secteurs en dehors de laudiovisuel (le commerce en ligne par exemple). Selon ltude, ils ont donc rat le train de la mondialisation de laudiovisuel. La rglementation a empch les diffuseurs de se dvelopper verticalement et les autorits de rgulation ont accru la concurrence horizontalement, ils se sont donc dvelopps sur des activits qui avaient peu de liens avec leur mtier de base , note Jrme Bodin.

Rien nest trop tard cependant. Le scnario dune volution de la rglementation est en marche, avec le projet de nouveau dcret concernant la production. Ce dcret est actuellement examin par le CSA. Il permettra notamment aux chanes dobtenir des parts de coproduction dans les programmes quelles financent. Pour Fleur Pellerin , ministre de la Culture et de la Communication, ce dcret nest quune premire tape. Franois Hollande a galement pris le sujet en main, plaidant, lors de son discours loccasion du colloque organis par le CSA dbut octobre, pour une alliance entre les producteurs, les diffuseurs et les distributeurs.