UNE GUERRE EST-ELLE ENCORE POSSIBLE ENTRE L’ALGÉRIE ET LE MAROC ?

DIMANCHE, 19 OCTOBRE 2014 14:27 ACTU-MAROC.COM





Avec la multiplication des accrochages et des incidents aux frontières entre les deux pays, la même question lancinante de l'éventualité d'une guerre ouverte entre l'Algérie et le Maroc est sur toutes les lèvres. Rappel des faits: au mois de février dernier, des soldats algériens avaient provoqué une première fois leurs homologues marocains en tirant de leur territoire des coups de feu contre des garde-frontières marocains qui n'avaient pas riposté mais l'incident avait été fermement condamné par Rabat qui avait convoqué l'ambassadeur algérien.

C'est un incident identique mais visant des civils cette fois-ci qui vient de se produire suscitant la même réaction du royaume d'où ressort les mêmes inquiétudes et exaspération mais sans prendre à témoin la communauté internationale pour la prévenir d'une éventuelle escalade. C'est que le voisinage et l'histoire commune entre les deux pays, le Maroc ayant fortement aidé l'Algérie à se défaire du colonialisme, leur identité arabo-amazigho-islamique, leur appartenance au continent africain et le fait surtout de partager des amis et alliés identiques, prémunissent la région de toute déflagration, les médiateurs éventuels ne manquant pas. A leur tête, l'Arabie Saoudite, les États-Unis, la France, Qatar, la Russie et bien d'autres encore.
Il y a trop d'enjeux et d'intérêts stratégiques dans cette région du monde pour que vienne s'y incruster un nouveau foyer de tension dans un bassin méditerranéen qui ne pourrait souffrir d'une telle aventure militaire de laquelle ne sortirait ni vainqueur ni vaincu et qui plomberaient économiquement les deux pays.
A tel point, que le conflit du Sahara entretenu artificiellement par Alger en soutenant militairement et financièrement n'est jamais réellement sorti de son cadre strict évitant aux deux pays d'atteindre un point de non retour. De plus, l'Algérie vit une crise de succession au niveau interne et a vu l'armée se démobiliser suite au départ à la retraite forcée de toute sa hiérarchie à l’exception de quelques proches du président souffrant Bouteflika.
De son côté, le Maroc qui n'a jamais fait montre d'une attitude belliqueuse depuis l'avènement du Roi Mohammed VI a toujours plaidé pour le respect des règles de bon voisinage. Eu égard à ces considérations et d'autres aspects de ces relations entre les deux pays, il est donc peu probable que cette nouvelle crise passagère ne conduise à un affrontement ouvert en Afrique du Nord.