En 2016, la publicité sur le Web a supplanté celle diffusée à la télévision, selon l'Observatoire de l'e-pub, avec 3,453 milliards d'euros.

La publicité numérique a détrôné la publicité à la télévision en 2016 en France, mais l'essentiel de sa croissance a été capté par les géants Google et Facebook, a révélé l'Observatoire de l'e-pub dans un rapport publié jeudi. Le marché de la publicité numérique a atteint 3,453 milliards d'euros l'an dernier, en croissance de 7 % par rapport à 2015, selon cette étude de référence effectuée par le cabinet PwC pour le Syndicat des régies internet (SRI) et l'Udecam, qui représente les agences médias.
Le numérique devient ainsi le « premier média investi sur l'ensemble de l'année 2016 », avec une part de marché de 29,6 %, devant la télévision (28,1 %), souligne l'étude. Mais cette croissance dynamique se fait essentiellement au bénéfice des géants de l'Internet Google et Facebook, a relevé cette étude, suscitant l'inquiétude de l'écosystème de la publicité face à cette situation de quasi-duopole. Le « search » (publicité liée aux recherches, un marché principalement occupé par Google) et les réseaux sociaux (dominés par Facebook) représentent en effet 68 % du marché de la pub numérique et surtout captent 86 % de sa croissance, selon les estimations pour 2016 de PwC.
La publicité sur les réseaux sociaux explose

Dans le détail, le « search » progresse de 4,3 %, et représente 55 % du marché de la publicité numérique totale pour un chiffre d'affaires net de 1,893 milliard d'euros. Le display (bannières et vidéos) est en hausse de 14,5 %, soit 35 % du marché global pour un chiffre d'affaires net total de 1,204 milliard d'euros. La croissance de la pub numérique est donc toujours portée par le display. Mais si les bannières et publicités vidéo sur les réseaux sociaux bondissent de 33 % à 336 millions d'euros, les publicités placées en dehors des réseaux sociaux baissent de 14 %, ce qui inquiète leurs concurrents.
Les pubs vidéo sur les réseaux sociaux ont en particulier vu leur croissance exploser en 2016 (+ 351 %) à 117 millions d'euros. « En 2016, les contrastes du marché du display s'accentuent de manière notable, et le poids des médias sociaux atteint un niveau encore jamais vu, observe Sébastien Leroyer, directeur chez PwC qui pointe un « marché à deux vitesses ». Les autres leviers (affiliation, comparateurs de prix, emailing) connaissent une croissance de 3,2 %, soit 10 % du marché global pour un chiffre d'affaires net de 447 millions d'euros.
Ces évolutions traduisent aussi une migration des investissements publicitaires vers le mobile : 41 % des dépenses digitales sont à présent allouées aux pubs sur terminaux mobiles, note PwC. Enfin, concernant la commercialisation des publicités numériques, les achats programmatiques, c'est-à-dire par des systèmes automatisés et non effectués par des humains, sont devenus majoritaires en 2016 (53 %) reflétant la part grandissante de la technologie dans ce secteur.
Convaincre les annonceurs de diversifier leurs investissements

Sophie Poncin, la présidente du SRI a salué « la « forte vitalité du marché digital » qui capte désormais la plus grosse partie des investissements médias. Mais elle a dénoncé « l'accentuation du phénomène de concentration qui crée un profond déséquilibre dans l'écosystème ». « Ça donne le vertige », a reconnu la responsable au cours de la conférence de présentation. « Nous avions dénoncé un duopole dans le monde de la télévision, il n'est pas question qu'il se crée un nouveau duopole dans le numérique », a renchéri Jean-Luc Chétrit, le président de l'Udecam.
En réponse, les professionnels de la publicité travaillent sur plusieurs initiatives pour rassurer les annonceurs et les convaincre de diversifier leurs investissements publicitaires. Ils vont lancer un « Label Qualité » qui sera réservé aux sites qui apportent des garanties aux annonceurs, comme la bonne visibilité de leurs publicités, la lutte contre la fraude et la transparence sur l'audience effectivement atteinte.
Les publicitaires et les annonceurs voudraient aussi que les géants de l'Internet acceptent que leurs audiences revendiquées soient vérifiées par des tiers et certifiées, alors que Facebook a reconnu au niveau mondial plusieurs erreurs dans les estimations qu'il leur divulgue. L'Autorité de la concurrence française a par ailleurs lancé en mai une enquête sur le secteur de la publicité en ligne qui devrait déboucher cette année sur des recommandations, voire de possibles enquêtes antitrust.


Source : http://www.lepoint.fr/medias/google-...100276_260.php


ça ramène de l'argent la publicité enfin de compte !!