Issad Rebrab, patron de Cevital, premier groupe privé d'Algérie avec un chiffre d'affaires de 3 milliards de dollars, s'est retiré du Forum des chefs d’entreprises (FCE), la principale organisation patronale du pays. Il accuse certains de ses confrères de s'être ingéniés à contrecarrer ses projets industriels dans le pays.

Le ciel s’assombrit au dessus du Forum des chefs d’entreprises (FCE). Issad Rebrab, patron de Cevital, le premier groupe privé du pays (avec un chiffre d’affaires d’environ 3 milliards de dollars), vient de claquer la porte de la plus importante organisation patronale de l’Algérie. "Je ne peux rester et m’asseoir avec des confrères qui, au lieu d’essayer de travailler à promouvoir l’économie nationale, tentent d’avoir des faveurs en enfonçant leurs confrères", a expliqué Issad Rebrab dans un entretien accordé au site TSA le mercredi 28 mai.

Blocages

Le patron de Cevital, qui vient de mettre la main sur le français FagorBrandt, accuse certains membres du FCE, d’être derrière le blocage de ses projets d’investissements en Algérie. Pour rappel, plusieurs initiatives d’Issad Rebrab sont restées au point mort pendant de nombreuses années. Parmi celles-ci : l’idée d’un port en eaux profondes et d’un pôle industriel à Cap Djinet, à l’est d’Alger. Plus récemment le projet de construction d’un quartier d’affaires similaires à la "Défense" dans la capitale algérienne ou le rachat de Michelin Algérie ont eux aussi échoué
"J’ai cherché à comprendre les raisons du blocage. J’ai fait mon enquête. Et il était vraiment triste de découvrir que certains confrères (entrepreneurs, NDLR) intoxiquent certains décideurs en leur rapportant des propos déformés", a affirmé Issad Rebrab, sans fournir plus d’éléments sur la nature de ces interventions et l’identité des industriels incriminés.

Division

Ces accusations ont provoqué un grand malaise au sein du FCE où de nombreux patrons soutiennent le patron de Cevital. "M. Rebrab a dit tout haut ce que beaucoup de chefs d’entreprises pensent tout bas. Il n’est pas normal que l’économie du pays soit prise en otage par trois ou quatre patrons qui s’accaparent la plus grande part du gâteau", dénonce un chef d’entreprise.

Après la démission en avril dernier de Slim Othmani, l’une des figures du patronat algérien, en signe de protestation contre le soutien du FCE à la candidature du président Abdelaziz Bouteflika, le départ d’Issad Rebrab, dont le groupe représente près d’un tiers du chiffre d’affaires de l’ensemble des adhérents du FCE (520 membres), accentue la division au sein du patronat algérien.

Jeune Afrique