Les écologistes ne cessent d'alerter sur les dangers de l'exploitation du gaz de schiste. D. R.

Des opposants à l’exploitation annoncée du gaz de schiste en Algérie ont organisé, aujourd’hui samedi, dans plusieurs villes du pays des rassemblements à travers lesquels ils tentent d’interpeller les «bonnes consciences» du gouvernement pour ne pas franchir le pas et aller vers ce qu’ils appellent «une catastrophe à la fois économique et écologique garantie». A Ouargla, ville du Sud qui regorge d’or noir, l’action à laquelle ont appelé des jeunes regroupés dans un mouvement dénommé Harakat Houmat Al Watan (le mouvement des défenseurs de la nation) a drainé des centaines de manifestants, sensibles aux questions environnementales et soucieux des risques que peut provoquer la fracturation hydrique, utilisée pour l’extraction des gaz et pétrole de schiste. Munis de banderoles sur lesquelles ils dénoncent la décision du gouvernement d’aller vers l’exploitation de cette richesse, les manifestants ont tenté d’expliquer aux passants les véritables dangers de l’exploitation du gaz de schiste. Ils mettent en avant les dégâts occasionnés par la surexploitation des ressources fossiles dont regorge le sud du pays. Une surexploitation qui a gravement impacté l’environnement et presque bouleversé la biodiversité. Pour ce mouvement, il est plus qu’urgent de se mobiliser avant d’éviter le pire pour les Algériens et, surtout, pour les générations futures qui hériteraient d’un pays malade de son environnement et de son écosystème. Ces animateurs invitent le gouvernement à revoir sa copie et à s’inspirer de pays européens dont les dirigeants politiques ont opposé un niet catégorique à l’exploitation sur leur territoire de cette nouvelle source d’énergie, coûteuse à tout point de vue. D’autres manifestations similaires ont été organisées dans d’autres villes du Sud à l’instar de Laghouat, Adrar et Tindouf. Des manifestations initiées par des groupes d’activistes pour la protection de l’environnement. Les mêmes constats et arguments ont été mis en avant pour expliquer leur opposition à l’exploitation de cette énergie non conventionnelle. A Alger aussi, le mouvement Barakat s’est joint à cette dynamique contre le gaz de schiste en tenant aujourd’hui un rassemblement près de la Grande-Poste, lors duquel plusieurs participants ont pris la parole pour exprimer leur colère quant à la décision prise par le gouvernement Sellal sans le moindre débat. Il est à souligner qu’en vertu de cette décision, des entreprises françaises et américaines œuvrent à décrocher les premiers contrats d’exploration. Des entreprises françaises qui n’ont pas pu exploiter cette ressource dans leur pays pour des considérations environnementales comptent, en effet, faire de l’Algérie leur terrain d’expérimentation, comme l’a rapporté tout récemment Le Nouvel Observateur, en citant des sources proches du dossier. La fracturation hydrique utilisée pour extraire le gaz de la roche est un procédé extrêmement polluant, conviennent tous les experts de l’environnement. Le risque est donc gros pour nos immenses réserves d’eau souterraines dont regorge le Sud algérien.
S. Baker

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