Par Abdou Semmar
Après les sorties médiatiques, les anciens militaires se mettent à écrire des livres. C’est le cas de Mohamed Khelfaoui, un ancien officier supérieur du DRS qui décidé de publier un livre sur l’histoire des services secrets algériens. Il en parle dans une interview accordée jeudi au quotidien arabophone El-Khabar où il répond également aux questions de l’heure.

Mais l’information la plus importante qui a été fournie par l’ancien officier supérieur concerne le rôle supposé du DRS dans certaines affaires récentes. L’officier a ainsi insinué que les services de renseignement ont « accompli convenablement » leur mission avant l’enlèvement des diplomates algériens à Gao, au Nord du Mali. Mais, ajoute Khelfaoui, «le rôle du DRS se limite aux renseignements » et que les services n’ont pas « autorité à rapatrier le corps diplomatique », une mission qui revient normalement au ministère des Affaires étrangères.
Interrogé sur l’affaire de Tiguentourine, l’officier supérieur à la retraite, qui avance qu’il n’a pas vu le Général Toufik depuis 2005, année de son départ à la retraite, avoue qu’il y a eu des « manques » qu’il attribue à la nature « guerrière » de l’opération, mais surtout à « l’étendue du territoire algérien » difficile à sécuriser. Mais, ajoute Mohamed Khelfaoui, cette affaire a poussé les responsables à changer la stratégie de défense.
L’officier à la retraite ne veut pas donner d’interprétation politique aux changements opérés dans le DRS. S’il reconnaît que les « affaires de corruption » révélées par les services secrets peuvent être à l’origine du mécontentement présidentiel, il estime en revanche que le chef de l’Etat «étant chef suprême des forces armées », opère des changements qui entrent dans le cadre naturel des choses. « Pourquoi n’a-t-on pas soulevé cette polémique lorsque le président français a opéré des changements au sein des services de renseignements de son pays ? », s’est interrogé le militaire algérien.
Par ailleurs, Mohamed Khelfaoui reconnaît l’existence d’officiers du DRS dans les grandes entreprises publiques. « La présence de ces militaires vise juste à protéger ces entreprises. Mais en aucun cas ces officiers ne se sont mêlés du travail des gestionnaires », indique-t-il en dernier lieu.
Essaïd Wakli
algerie-focus