Lors d'une rencontre tenue samedi dernier avec les cadres du parti, le patron du MSP a estimé que le changement pacifique ne se fera pas sans le pouvoir.
L'opposition est de plus en plus convaincue. Aucun changement n'est possible, sans l'implication du pouvoir. Malgré la multiplication des initiatives ces derniers mois, l'opposition n'arrive pas à opérer le changement tant espéré. Pourquoi? La solution n'est pas dans l'exclusion du pouvoir.
Le Mouvement de la société pour la paix est parvenu, apparemment, à la même conclusion que le Front des forces socialistes.

Lors d'une rencontre tenue samedi dernier avec les cadres du parti, le patron du MSP a estimé que le changement ne se fera pas sans le pouvoir.
«La transition pacifique se fera avec la participation du pouvoir», a-t-il déclaré. Cette déclaration traduit clairement la volonté de l'opposition à donner un autre sens à sa démarche.

L'option de bouder son adversaire ne fait plus l'affaire. Alors qu'elle a toujours tourné le dos au pouvoir depuis l'élection présidentielle, l'opposition a revu ses positions.

La naissance d'un nouveau pôle regroupant la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (Cltd) et les personnalités nationales, entre autre Benflis vise justement à mettre le pouvoir devant un seul interlocteur. Sachant qu'elle n'a pas réussi à imposer ses propositions au pouvoir, l'opposition veut resserrer ses rangs et se mettre dans une position de force, avant d'aller négocier avec le pouvoir. M.Makri reconnaît que le projet de transition pacifique est différent de celui du consensus national prôné par le FFS, mais la finalité reste la même, à savoir arriver à un changement pacifique qui implique également le pouvoir.
Le patron du MSP estime que si le FFS arrive à convaincre le pouvoir sur le changement est un pas positif.

Le vieux parti de l'opposition qui a opté dès l'élection présidentielle du 17 avril dernier pour la décision de ni participation ni boycott, veut que sa démarche soit consensuelle regroupant toutes les parties.
Dans les résolutions de son conseil national tenu le 9 août 2014, le FFS a levé toutes les ambiguïtés, en expliquant que sa démarche consiste à réunir autour d'une même table les acteurs de la scène politique nationale.
«Le consensus que propose le FFS n'est pas défini à l'avance par un programme ou une plate-forme. Il est à construire par toutes les parties prenantes.

La conférence que propose le FFS est une occasion pour tous les acteurs de faire leur proposition», a affirmé Mohand Amokrane Cherifi, un membre de l'instance présidentielle du FFS.

Partant de l'idée que l'initiative de la Cntld et celle du régime ne peuvent aboutir, le FFS insiste sur le fait que l'opposition et le pouvoir, auxquels il faut associer la société civile, doivent amorcer un dialogue sans exclusive.
Cette hypothèse est soutenue par l'ancien chef de gouvernement. Mouloud Hamrouche qui met l'accent dans chaque sortie médiatique sur la nécessité d'aller vers un large consensus national et de dialoguer avec toutes les composantes de la scène politique algérienne, pouvoir y compris pour sortir le pays de la crise.

Pour lui, «c'est le seul moyen de garantir à l'Algérie une sortie de crise sans heurt ni violence, et l'édification d'un Etat moderne».
Ce vieux routier ne cesse d'appeler l'institution militaire à intervenir pour régler la crise politique. «Un consensus national doit, en plus d'englober les représentants du système, obtenir les garanties de l'armée sans quoi, c'est l'impasse», a-t-il martelé en donnant comme exemple le cas de Sant'Egidio.
Aiguisant ses propos, M.Hamrouche affirme que la plate-forme de Sant'Egidio n'a pu aboutir, pour la simple raison que les représentants du pouvoir ont été écartés, dès le départ.

Pour M.Hamrouche, personne n'a la science infuse et personne ne peut prétendre trouver les solutions à même de sortir l'Algérie de la crise sans concertation.

Par Nadia BENAKLI - Lundi 08 Septembre 2014