La décision surprise de la Banque Centrale Européenne (BCE) d'abaisser ses taux directeurs et de racheter des ABS et obligations sécurisées n'a pas manqué de susciter une vive réaction sur le marché des changes jeudi en début d'après-midi. L'euro chutait de près de 1,34% à 17h30, aux alentours de 1,2970 dollar, à son plus bas niveau de l'année. Les cambistes ont pris acte de ce nouveau coup de pouce donné par l'institution européenne à la croissance, alors qu'un statu quo monétaire était attendu, et réagi aux propos de Mario Draghi sur l'évolution de la situation économique de la zone euro avec, à la clé, une révision en baisse de ses estimations sur l'inflation.

L'économie européenne malade

En filigrane, les économistes interprètent ce coup de poker de la BCE comme un nouveau signe traduisant la fragilité de la reprise économique, y compris en Allemagne où la Bundesbank a récemment révisé ses prévisions de croissance pour tenir compte, notamment, de l'impact négatif du bras de fer commercial avec la Russie engendré par le conflit dans l'est de l'Ukraine. Rappelons qu'en plus de ramener son taux de refinancement de 0,15% à 0,05% sous la pression de menaces déflationnistes croissantes, Mario Draghi a enfoncé le clou en annonçant la mise en oeuvre de mesures de soutien monétaire non-conventionnel, impliquant le rachat d'actifs titrisés de type ABS sur les marchés, comme il l'avait laissé entendre à Jackson Hole cet été.

En route vers 1,25 $ ?

D'un point de vue technique, le seuil des 1,30 $ constitue un niveau pivot en deçà duquel de nombreux analystes prévoient une accélération de la baisse de l'euro, avec comme parité visée au cours des prochains mois le niveau des 1,25 $. Plus iconoclaste, Goldman Sachs a fixé dans une étude récente un objectif à 1 $ à l'horizon 2017, faisant couler beaucoup d'encre... Toutefois, un indicateur plaide pour un prochain rebond technique de la devise européenne : de source de marché, les positions short sur l'euro ont atteint un pic récemment...

(Boursier.com)