La thèse de l'économiste français Thomas Piketty avait été fortement critiquée. Selon lui le capitalisme renforce les inégalités entre riches et pauvres. Mais le Financial Times avait publié un article dans lequel il démontrait que les résultats publiés dans le livre « Le capitalisme au XXIème siècle » étaient faux. Pas de chance : la Fed, la banque centrale américaine, a publié deux graphiques qui prouvent la thèse de l'économiste.
Oui, les riches sont de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres.

L'effet de la crise économique de 2008 sur les revenus

La thèse de Thomas Piketty s'applique sur le long terme et, effectivement, lors de la crise économique de 2008 les inégalités entre riches et pauvres se sont réduites. En 2007, les 3% les plus riches des Etats-Unis détenaient 31,4% des revenus, contre 27,7% en 2010, au lendemain de la crise.


Mais ce répit a été de courte durée. Entre 2010 et 2013, selon les statistiques de la Fed, les inégalités se sont creusées à nouveau : en 2013 les 3% les plus riches captaient 30,5% du total des revenus.


Au contraire, les 90% des Américains les plus pauvres captaient, en 2013, seulement 52,7% des revenus. Un niveau sensiblement identique à celui d'avant-crise.


A noter que les revenus captés par les 7% restants, qui se situent entre les plus pauvres et les plus riches, semblent être restés stables depuis les années 90. En 2013, ils captaient 17,8% des revenus



Les riches de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres

La Fed a également publié le graphique des richesses détenues par les 3% les plus riches, les 7% suivants et les 90% les plus pauvres. Là aussi, Piketty avait raison : les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.


Alors qu'en 1989 les 3% les plus riches détenaient moins de 50% de la richesse globale, en 2013 ils en détenaient 54,4%. La crise économique n'a par ailleurs quasiment pas eu d'effet, la courbe étant en constante croissance.


Pour les 90% les plus pauvres, c'est l'inverse : de 33,2% des richesses en 1989, ils ne détenaient plus que 24,7% de ces dernières en 2013.