Brave, le navigateur ultrarapide qui bloque toutes les pubs... sauf celles que vous désirez

L’inventeur du Javascript et ancien de la Fondation Mozilla revient avec un navigateur qui pourrait bousculer l’ordre établi s’il trouve son équilibre. Pour l’instant en pré-alpha, Brave porte de belles promesses. Celles d’un navigateur multiplate-forme très rapide, qui s’avère respectueux de vos vies privées et du Web.

Brendan Eich n’est pas un inconnu, ni un nouveau venu dans le monde du Web et de ses navigateurs. Il a créé Javascript et a cofondé la Fondation Mozilla. En 2014, il a même brièvement dirigé sa filiale, la Mozilla Corporation, avant de devoir démissionner à la suite d’une polémique sur sa position défavorable au mariage homosexuel.

Quoi qu’il en soit, homme du Web, Brendan Eich a créé une start-up, appelée Brave Software, qui vient de dévoiler une des premières versions de son navigateur multiplate-forme. Baptisé Brave Browser, le fureteur open source est en effet disponible sur Windows, Mac OS X, Linux, Android et iOS.
Rapide et protecteur

Mais pourquoi donc donner sa chance à ce nouveau venu qui utilise Chromium la base open source de Chrome ? Tout simplement parce qu’il est rapide. Il serait 40% plus rapide sur un ordinateur de bureau et jusqu’à quatre fois plus rapide sur un smartphone, selon Brendan Eich. Comment arrive-t-il à ce résultat ? En bloquant tout bonnement tous les cookies qui permettent à des acteurs tiers présents sur un site Web de vous pister, toutes les techniques d’empreinte, tous les scripts qui essaient d’injecter une publicité dans la page… Tout, donc, sauf le contenu que vous vouliez voir.

Un modèle économique intéressant

Pour autant, Brendan Eich sait qu’on ne vit pas sur le Web d’amour et d’eau fraîche. Sa start-up a donc adopté une approche nouvelle, qui avait été envisagée sous une forme assez proche par Google pour son Chrome.
Les utilisateurs peuvent en effet, via un menu, demander à ce que des publicités s’affichent sur un site précis. Ce sont alors des publicités qui sont servies par la société de Brendan Erich qui s'affichent et qui ne devront en aucun ralentir votre surf, assure le créateur de Javascript.
Une partie du revenu généré sera ainsi reversé au site en question et l’autre servira à faire vivre Brave. Mais il y a mieux, il est même possible de décider de donner de l’argent à un site. Autrement dit, l’utilisateur est non seulement en position de contrôle de son surf, mais il peut aussi choisir de se comporter en citoyen du Web et de payer pour les sites qu’il souhaite soutenir.
Un moyen intelligent d’éviter de « nuire à certaines personnes qui ne le méritent pas », comme le disait Marco Arment, célèbre développeur pour iOS qui avait retiré son adblocker de l’App Store quelques jours après son lancement.
Quoi qu'il en soit pour que ce nouveau navigateur puisse se maintenir à flot, il va falloir qui trouve son équilibre. Brendan Eich le situe à sept millions d’utilisateurs, dans une interview qu'il a accordée à nos confrères de Venture Beat.
© DR Un début de promesse tenue

Pour l’heure, c’est certain, Brave, le navigateur, est encore un peu instable et surtout pas très accessible au grand public. Pour autant, les bêta tests approchent et la démarche envisagée est intéressante.
D’autant que la promesse de la vitesse est tenue. Brave charge effectivement les pages plus vite que les autres navigateurs à notre disposition. Il se paie même le luxe d’afficher dans la barre d’URL le temps qu’il lui a fallu pour afficher complètement une page.

Si tout n’est pas encore parfait, ce logiciel mérite donc un peu d’attention. D’autant que sa présence sur de nombreuses plates-formes pourrait ouvrir la porte à des services de synchronisation utiles et pertinents.


Rapide, zélateur d’un écosystème Web respecté et respectueux, prompt à protéger notre vie privée en
bloquant les cookies et en mettant en avant les connexions HTTPS, Brave pourrait bien avoir une carte à jouer et séduire ceux qui aimeraient pouvoir s’éloigner parfois de Google, Microsoft et Apple.