ALORS QUE 110 000 SUR LES 150 000 UNITÉS LSP SONT “EN COURS DE LIVRAISON”Logement : les promoteurs réclament une hausse des prixL' Organisation nationale des promoteurs immobiliers a tenu son congrès, hier, à l’hôtel El-Aurassi. APSFace à l’envolée des prix des matériaux de construction, les promoteurs enregistrent, selon eux, des pertes sèches et réclament une revalorisation à plus de 4,2 millions de dinars. À défaut, ils menacent d’arrêter carrément d’accompagner les programmes de réalisation.Beaucoup de choses ont été dites hier à l’occasion du 1er congrès de la toute jeune Organisation nationale des promoteurs immobiliers (Onpi) qui a obtenu son agrément le 5 novembre dernier. Hier, à l’hôtel El-Aurassi, en prenant à témoin les représentants de Sellal et ceux du ministère de l’Habitat, les représentants des promoteurs immobiliers ont saisi l’occasion pour remettre les pendules à l’heure en servant pas mal de vérités.Houria Bouhired, SG de l’Onpi, pour sa part, n’a pas mâché ses mots pour décrire une situation peu reluisante en indiquant, en marge de la rencontre, que “110 000 unités sur les 150 000 inscrites aux programmes de logements socioparticipatifs (LSP) sont en cours de livraison” et réclame “la hausse du prix du logement à 4,2 millions de dinars au lieu des 2,8 fixés initialement pour les logements LSP (selon un cahier des charges)”. Face à l’envolée des prix des matériaux, les promoteurs enregistrent, selon elle, des pertes sèches qui les ont amenés à vendre les commerces pour rentrer dans leurs frais. “Nous ne pouvons pas continuer sur cette lancée. Si les prix ne sont pas révisés à la hausse, nous arrêterons les travaux”, a-t-elle menacé au grand dam des souscripteurs dont l’attente a été très longue pour se retrouver aujourd’hui confrontés à cette réalité amère. Bouhired argumente que “la responsabilité des retards n’incombe pas au seul promoteur et relève aussi de la gestion des dossiers” en expliquant que “la prise en charge ne devrait pas être du ressort du promoteur pour ce qui est de compléter les dossiers des candidats désignés par l’administration, d’arbitrer les divorces, de certifier les décès, de déjouer les fraudes, etc”.Elle réclame, à ce titre, “la création d’une structure intermédiaire entre le promoteur et l’administration” et n’omet pas, au passage, de titiller quelque peu la corporation en plaidant pour “une meilleure organisation, notamment sur le chapitre planification inhérente aux inscriptions des opérations de VRD”.Sur un autre registre, Bouhired est revenue sur l’État de nos villes, parle de l’absence d’entretien et du rôle inefficient du “syndic” pour poser un problème de fond : celui de la copropriété.“Il n’y a pas de statistiques sur la demande réelle en logement”“Au jour d’aujourd’hui, il existe un million de logements inoccupés, des logements sociaux attribués à des non-nécessiteux en plus de la corruption et des passe-droits dans la distribution des logements sociaux, l’envolée des prix des loyers, faiblesse des politiques de suivi, souffrance des Algériens pour accéder à un logement convenable, développement du marché noir, absence de statistiques sur la demande réelle en logement, etc.” C’est en ces termes que M’hamed Sahraoui, président de l’Onpi, décline les questions liées à la crise d’accès au logement en Algérie en assurant que “prendre le programme de la promotion immobilière à bras-le-corps nécessite une exigence de vérité sur une multitude de points qui, jusqu’ici, n’ont pas été tranchés”. Il rappellera au passage que “le prix de réalisation du logement aidé n’a pas évolué depuis huit ans” et plaide pour l’amorce d’une réflexion pour pallier les dysfonctionnements, à plus forte raison que les programmes de logement, à l’exception du promotionnel libre, sont à 90% détenus par l’État.Il serait, à son avis, “judicieux d’orienter des réflexions sur les relations avec les banques et la caisse nationale du logement” et revendique le statut “d’opérateur économique” à part entière. L’activité semble, contre toute attente, appelée à mieux se développer et à connaître son heure de gloire, puisque l’État revient — crise oblige — à de meilleurs sentiments à l’égard des promoteurs immobiliers.Il est annoncé, en ce sens, la préparation d’un arrêté qui fixera les modalités de concessions convertibles en cession pour les terrains relevant du domaine privé de l’État au profit des opérations de promotions commerciales libres.