Par La Voix de la Russie |
Les nouvelles sanctions imposes par Bruxelles la Russie et la riposte de Vladimir Poutine auront un effet trs ngatif sur les changes commerciaux qui ont soutenu lconomie italienne pendant la crise.

Le 30 juillet lUnion Europenne a finalement dcid le durcissement des sanctions conomiques contre la Russie. lexception du secteur gazier, les mesures ont touch lindustrie ptrolire, les banques et les nouvelles technologies : il sagit du bloque le plus dur contre Moscou depuis la chute de lUnion Sovitique. En rponse, le 7 aot le Prsident russe Vladimir Poutine a sign un ukaz(dcret) interdisant pour la dure dun an limportation de produits alimentaires : le buf, la volaille, le fromage, le lait et les produits laitiers, mais aussi les lgumes et le poisson venants de lUE, des tats-Unis, de lAustralie et de la Norvge.
Cet embargo voulu par Moscou reprsente bien videmment une riposte directe la politique europenne, qui a trouv dans labattement de lavion malais le prtexte pour sattacher encore plus fort la prtendue ingrence russe en Ukraine. Lon peut affirmer que lvolution rcente des faits savre extrmement dangereuse non seulement pour les relations entre Russie et Union Europenne, mais aussi pour les concrtes rpercussions sur beaucoup dconomies du Vieux-Continent. Parmi les Pays ayant nombre dentreprises qui exportent en Russie, il y a surtout lAllemagne et lItalie, dont les gouvernement souhaitent en principe une approche plus floue et constructive. Cest justement dans la Pninsule italienne que les observateurs tirent la sonnette dalarme: les associations les plus qualifies dnoncent le risque dune perte considrable pour les firmes italiennes, dj alourdi par un contexte de rcession qui persiste encore.
Lagence gouvernementale SACE, qui soccupe du soutien linternationalisation des entreprises italiennes, a diffus des donnes trs claires cet gard. Selon les experts, il y aurait deux scnarios possibles : dans le cas o la crise resterait stable et le rgime de sanctions rciproques en vigueur, les exportations italiennes vers la Russie connaitraient une baisse de 9% dj en 2014, pour avoir une trs lgre reprise en 2015 (estim peine au 0,5%), en quantifiant un total de 938 millions deuro perdus dans les deux ans. De son ct, lassociation Coldiretti, qui reprsente les agriculteurs italiens, a rappel que les changes commerciaux avec la Russie ont toujours augment jusqu prsent, mme aprs le commencement de la crise ukrainienne, touchant la chiffre record de 700 millions deuro lanne dernire.
Le dommage financier pour lconomie italienne nest pas tonnant pour les spcialistes. Depuis dix ans, les exportations vers la Russie constituent un volet essentiel pour un systme productif qui a toujours eu besoin de trouver un dbouch lextrieur et qui, aprs lintroduction de la monnaie unique europenne, na plus russi sappuyer sur la dvaluation. Le march russe a reprsent une heureuse exception la baisse des importations italiennes, permettant nombre de petites et moyennes entreprises de faire face la crise. Cela explique aussi les timides tentatives du gouvernement italien de chercher viter nouvelles sanctions contre Moscou. Une fois de plus, cette situation montre donc le clivage entre lintrt national de chaque Pays et la structure supranationale de lUE, qui ne reprsente pas lensemble des exigences nationales mais plutt semble les annuler systmatiquement. Le jour mme o les associations italiennes dnonaient les consquences ngatives de cette guerre commerciale Russie-Europe, les agences de presse diffusaient la dclaration du Prsident de la Banque Centrale Europenne, M. Mario Draghi, selon lequel les Etats nationaux devraient compltement cder leur souverainet Bruxelles dans le domaine des rformes conomiques structurelles, aprs avoir dj cd la souverainet montaire. Ceci impliquerait un ultrieur nivlement des lgitimes intrts nationaux la ligne antirusse de Bruxelles. Mais comme lembargo russe nest quune rponse aux mesures occidentales, il ne reste esprer que les trs nombreuses firmes, italiennes et europennes, qui travaillent avec la Russie russissent faire lobbying pour obtenir une conduite diffrente de la part des bureaucrates europens, de faon ce que le pragmatisme conomique lemporte sur les mauvais propos politiques, comme la souhait le Premier Ministre russe Dmitry Medvedev. Les prochains mois seront donc dcisifs non seulement pour la sorte des conomies plus lies Moscou, mais aussi comme test politique claircissant les marges dactions rels des peuples dEurope pour changer le cours de la politique trangre de Bruxelles.