Les pouvoirs publics en Algérie semblent en panne d’idées, voire impuissants devant l’évolution continue du nombre d’accidents de la route et de victimes qu’ils génèrent. Cet été, avec son lot de victimes, vient le révéler une nouvelle fois malgré les «plans de lutte spéciaux» mis en place.

L’hécatombe routière qui, chaque année, fait plus 4000 morts et des dizaines de milliers de blessés tend à s’imposer comme une fatalité.




Les responsables du secteur des Transports ont élaboré plusieurs textes de loi, exploré les pistes de mesures à même de faire reculer le fléau. Même la mesure extrême de retrait de permis, appliquée, certes, avec de nombreuses défaillances qui en limitent l’effet, n’a pas pu jusqu’à présent infléchir la courbe ascendante des accidents de la route. L’instauration d’un permis à points, à peine évoquée comme autre mesure dissuasive, et «pédagogique», a fini par être abandonnée.

Lors d’une journée d’étude sur le permis biométrique, organisée au siège de son département ministériel, Amar Ghoul a énuméré les trois raisons qui, selon lui, ont motivé le «report» de cette mesure. La première raison est liée aux difficultés que rencontrent les commissions locales de retrait de permis pour la gestion d’un tel document.

Il a également cité la nécessité que soient établis trois fichiers nationaux, à savoir le fichier national de cartes grises, un fichier national des permis de conduire et le fichier national des infractions. Ce qui n’est pas le cas, aujourd’hui, a-t-il reconnu. Sans la réalisation de ces trois banques de données, le permis à points ne verra pas le jour.

En 2012, Amar Tou, alors ministre des Transports, avait énuméré les mêmes raisons pour expliquer et justifier le report de la mise en vigueur de ce permis de conduire, est-il utile de rappeler. Ce qui signifierait que malgré le nombre dramatique de victimes des accidents de la route, peu d’efforts ont été déployés depuis pour lutter contre l’hécatombe routière.

Par ailleurs l’état des routes, marqué ces dernières années par des travaux intempestifs et parfois sans signalement, est derrière nombre d’accidents meurtriers. L’augmentation continue du parc automobile national et l’arrivée massive sur les routes de nouveaux conducteurs, très souvent mal formés, sont d’autres éléments qui aggravent la situation.

Sofiane Abi- El Watan