Viber se transforme peu à peu en outil au service du e-commerce

Le nombre d'utilisateurs de l'application de messagerie Viber ne cesse de croître, alors que sa maison-mère, Rakuten, parviendrait enfin à monétiser le service. Il est en fait au cœur de la stratégie.



Viber cartonne. Le service de messagerie, concurrent de WhatsApp et de Line, s'était fait racheter en février dernier pour 900 millions de dollars par le géant japonais du e-commerce Rakuten ; le propriétaire du français PriceMinister. L'application de communication revendique aujourd'hui 608 millions d'inscriptions, dont 400 millions d'utilisateurs uniques, contre 280 millions à la fin 2013.

D'après un porte-parole de Rakuten interrogé par Tech in Asia, la croissance de Viber est tirée par le bouche à oreille, et non la publicité. De son côté, WhatsApp totalisait 500 millions d'utilisateurs actifs en avril 2014. Son concurrent japonais, Line, revendiquait lui 470 millions d'utilisateurs enregistrés en juillet. Mais la principale différence entre Line et Viber n'est pas la taille de leur communauté. C'est plutôt celle de leurs revenus.

Line gagne plus d'argent

Line vient de publier un chiffre d'affaires en croissance annuelle de 146% à 18,2 milliards de yens, soit 130 millions d'euros. Pour sa part, Viber gagne de l'argent depuis octobre 2013 en vendant des stickers virtuels à ses utilisateurs et depuis décembre en facturant les appels sur des lignes fixes et mobiles à l'international (Viber Out). Vers les fixes de France et des États-Unis, ils sont par exemple facturés 1,7 centime d'euro/min.




En 2013, Viber ne générait que l'équivalent de 1 million d'euros de recettes, pour une perte nette de 22 millions. Depuis, les revenus de l'application ont probablement progressé - la maison-mère ne donne aucun chiffre - mais pas encore au point d'avoir rattrapé Line, proche d'entrer à la bourse de New York et de Tokyo. Si Viber pèse peu comparé au milliard d'euros de recettes de Rakuten en juin, il n'en est pas moins central.

Viber a une autre corde à son arc

D'après le PDG du groupe, Hroshi Mikitani, la croissance du service de messagerie « explose ». L'un de ses axes de développement est de continuer à marcher dans les pas de Line, et de se poser de plus en plus en intermédiaire pour vendre des contenus médias, notamment des jeux vidéo. Mais Rakuten voit plus grand.




Ça n'est pas pour ses promotions d'applications à venir que Viber a été placé en tête de la présentation des résultats financiers du groupe ce trimestre. L'enjeu pour Rakuten est d'intégrer son outil de messagerie à ses plateformes de e-commerce à travers le monde. Pour Hiroshi Mikitani, la création de cette ligne directe entre vendeur et consommateur pourrait « changer complètement le modèle de croissance du groupe ».

Il ne reste plus que Rakuten ne dote son application d'une fonction de login pour ses sites marchands, d'un outil de paiement en un clic associé à un portemonnaie virtuel, sans oublier une dose de marketing permettant de pousser des offres ciblées à ses 400 millions d'utilisateurs pour, peut-être, donner tout son sens à Viber. Pas sûr en revanche que tous les utilisateurs acceptent de se transformer en clients Rakuten.