La marche nationale aura finalement été… presque locale, à la rigueur régionale. Mais pas nationale. Nationale, cela aurait été un effectif de 500.000 personnes qui était prévues, annoncées et attendues par les leaders des quatre « grandes » centrales syndicales, la FDT (ses deux ailes réunies), l’UGTM, la CDT et l’UMT. Le défilé de ce dimanche 29 novembre à Casablanca aura été ce qu’il faut bien appeler un échec. Les estimations varient entre 10.000 marcheurs et 40.000, pour les plus optimistes…
Que demandaient les syndicats ? Une augmentation du salaire à 6.000 DH, la baisse de la fiscalité sur les salaires, le respect des libertés syndicales et de l’accord d’avril 2011 et, surtout, une réforme des retraites à leur mesure (en maintenant l’âge du départ en retraite à 60 ans).
Mais tout cela, en dépit des slogans rageurs contre le gouvernement, n’a pas été comme prévu. Un faible effectif et une désorganisation/confusion qui conduira les chefs des syndicats à quitter prématurément le cortège, soit par épuisement physique (Noubir Amaoui de la CDT) soit par une sorte de ras-le-bol (Miloudi Moukharik de l’UMT). De plus, il était difficile aux journalistes d’approcher des dirigeants des syndicats.
Cela n’a pas empêché certains responsables d’annoncer un chiffre de 350.000 participants, comme cela a été le cas de Kafi Cherrat, de l’UGTM. Pour d’autres, les artères de la ville étaient « encombrées » du fait de l’affluence, mais aux abords immédiats de la marche, à Derb Omar et sur l’avenue des FAR, la circulation était relativement fluide.
Les syndicats nationaux sont plutôt pâles depuis leur étrange idée de boycotter les traditionnelles et universelles manifestations du 1er mai. Ils ont clairement du mal à mobiliser depuis. Selon un dirigeant de l’Istiqlal qui a préféré ne pas voir citer son nom, « les travailleurs en particulier, et les Marocains en général, ont compris que cette année électorale verra l’organisation d’une série de manifestations contre le gouvernement, des manifestations politiques et syndicales, mais les gens ont également compris que ces actions seront d’ordre électoral essentiellement. Il faudra s’attendre en conséquence à ce que les mots d’ordre de grèves et de manifestations soient peu suivis »… « sauf à payer », ajoute notre interlocuteur…
Le programme de contestation syndicale ne fait pourtant que commencer… La suite, donc, un rassemblement des ouvriers le 8 décembre à Casablanca et une grève nationale de la fonction publique le 10 décembre, mais rien n’indique ni n’augure un succès.