La wilaya de Batna compte un couvert végétal de 325 000 hectares parmi les plus importants du pays. Mais il est fort probable que ce chiffre soit revu à la baisse après les feux de forêt de l’été passé et ceux de cette année, sachant que l’été n’est pas encore fini, donc d’autres sinistres sont à prévoir.

Depuis le mois de juin, 65 hectares de couvert végétal ont été ravagés par les flammes, a-t-on appris mardi auprès du chef de service de la faune et de la flore de la direction de Conservation des forêts, Athmane Briki. Quinze des incendies qui se sont déclarés, a indiqué la même source, ont décimé 20 hectares de surfaces boisées, alors que des feux de chaume et d’herbes sèches ont détruit les 45 autres hectares. La forêt de la wilaya de Batna est parmi les plus riches du pays par sa diversité en matière d’espèces.
En effet, s’il y a une prédominance du pin d’Alep, du cèdre de l’Atlas, du chêne vert, il y a aussi le pistachier de l’Atlas, l’érable, le frêne et aussi beaucoup de plantes médicinales et mellifères. Cette richesse se réduit, hélas, comme peau de chagrin à chaque saison estivale, par manque de moyens de protection adéquats. L’année passée était qualifiée de dramatique, des milliers d’hectares de richesse forestière sont partis en fumée. Dépourvus de moyens modernes de lutte contre les feux de forêt, les responsables du secteur disent être désarmés face à ce phénomène ravageur.
Au bureau de la protection de la faune et de la flore, on estime que par rapport à la saison passée, il y a eu moins de départs d’incendies et plus d’incendies maîtrisés. Cependant, la saison n’est pas encore terminée et le mercure ne cesse de grimper, ce qui fait craindre le pire.
Les chiffres de l’an passé donnent froid dans le dos : 70 incendies qui ont parcouru 896 hectares de forêt, 561 hectares de maquis, 27 ha de broussailles, 24 ha d’alfa et 6 ha de reboisement, des chiffres jamais enregistrés depuis l’Indépendance, des dégâts difficilement réparables, surtout avec le changement climatique et l’avancée du désert dans la région ; les premières dunes sont à peine à 80 km, nous disent les forestiers. Pour cette saison, si le bilan n’est pas encore établi, les premiers chiffres indiquent que les dégâts sont beaucoup moins importants que la saison passée, mais on reste cependant prudents, disent les spécialistes. Et d’ajouter que beaucoup de départs d’incendies sont le fruit de la négligence et de l’incivisme, s’ajoute la chaleur ambiante qui est aggravante et pas causante. L’exemple nous est donné sur le nombre impressionnant de bouteilles de boissons alcoolisées dans la forêt Kassrou, qui a connu pourtant des feux ravageurs.
Cependant, les gens continuent à laisser traîner ces mêmes bouteilles qui se transforment en loupe. Et avec le temps sec, les éléments adéquats à un feu de forêt sont réunis. Pour ne pas rester dans le constat amer, les responsables du secteur souhaitent avoir plus de moyens modernes pour conserver ou du moins protéger ce patrimoine fragile qui rétrécit chaque été. En effet, avec dix véhicules tout-terrains consacrés aux première interventions, cela semble dérisoire et obsolète, le moyen le plus rapide et efficace reste l’hydravion (canadair). Si à un moment, le prétexte de la non-existence de barrage rendait l’usage de ces appareils impossible, de nos jours, il y a 3 barrages qui peuvent constituer un réservoir pour ce genre d’avion. Pourquoi ne pas les utiliser ? La question reste posée.

par JUBA RACHID
le reporters dz