Nommée par le président Obama en mai dernier, la nouvelle ambassadrice des Etats-Unis en Algérie, Mme Joan A. Polaschik, a été confirmée à ce poste par un vote du Comité des affaires étrangères du Sénat américain, mardi 29 juillet dernier. Il ne reste donc plus que quelques jours de formalités et de procédures propres aux arcanes diplomatiques avant que Mme Polaschik ne vienne occuper officiellement l’ambassade de son pays à Alger. Probablement après le sommet Etats-Unis/Afrique auquel elle doit prendre part en tant que chef de la mission diplomatique US en Algérie.


C’est non sans enthousiasme d’ailleurs que cette diplomate de carrière, qui a effectué une partie de sa carrière dans des pays des Proche et Moyen-Orient, s’apprête à « continuer à faire progresser les intérêts de politique étrangère des Etats-Unis en Algérie ». Mais comment voit-elle son pays hôte ? Les déclarations qu’elle a eues à ce sujet et pour dresser l’inventaire des dossiers qu’elle aura à traiter avec l’Algérie sont intéressantes.


Au cours d’une première audition par les membres du comité sénatorial, le 17 juin dernier, elle a indiqué qu’elle veut « travailler avec le gouvernement de l’Algérie pour lutter contre la menace du terrorisme et renforcer la stabilité des régions du Maghreb et du Sahel, accroître les liens commerciaux entre les Etats-Unis et l’Algérie […] travailler avec le gouvernement algérien pour soutenir les réformes politiques et économiques nécessaires pour assurer la stabilité à long terme de l’Algérie».


Comme ambassadeur des Etats-Unis, a-t-elle poursuivi, «je vais faire de la protection des personnes qui servent dans l’ambassade américaine à Alger et celle de tous les Américains qui vivent et travaillent en Algérie ma priorité ».


Dans son intervention, consignée dans une déposition au terme de son tête-à-tête avec les sénateurs du comité, pointe chez la diplomate la certitude de venir «travailler dans une partie dangereuse du monde», qui risque de le devenir encore plus au vu des dernières évolutions de l’actualité sécuritaire en Tunisie, en Libye et au Sahel. «Le gouvernement algérien est profondément attaché à la sécurité de notre personnel et de nos installations et a été très sensible à nos demandes d’appui à la sécurité », a-t-elle précisé dans son appréciation de la situation sécuritaire au Maghreb.


Elle a rappelé que « l’Algérie est sur les lignes de front de la lutte contre l’extrémisme, ayant subi le fléau du terrorisme depuis les années 1990, et plus récemment l’attaque du complexe de production de gaz près de In Amenas en janvier 2013 ». «Le gouvernement algérien, s’est-elle adressée aux sénateurs américains, comprend la nécessité de rester vigilant et est un fidèle partenaire dans nos efforts de lutte contre le terrorisme, y compris en tant que participant actif dans le Forum mondial de lutte contre le terrorisme et le Partenariat Trans-Sahel contre le terrorisme. »


Sur le rôle régional de l’Algérie, elle a affirmé qu’Alger «travaille avec ses voisins afin de stabiliser la vaste étendue du Maghreb et du Sahel» et « a pris des mesures positives pour aider les forces de sécurité dans des pays comme le Mali et le Niger dans le Sahel». «L’Algérie, a-t-elle rappelé, a fourni un soutien aérien aux troupes de maintien de la paix africaines et a pris des mesures pour sécuriser sa frontière orientale pour combattre la contrebande et la prolifération des armes». «Avec la Tunisie, elle a construit une forte relation de sécurité pour faire face à la menace terroriste.» «La lutte antiterroriste et la sécurité demeurent la pierre angulaire de notre relation au cours des dernières années », précise-t-elle à nouveau. « Mes missions antérieures en Azerbaïdjan et en Libye m’ont fourni une vaste expérience dans les questions de lutte contre le terrorisme et de l’énergie qui sont essentielles à notre partenariat avec l’Algérie», a-t-elle encore ajouté.


A ses yeux, «l’Algérie a longtemps eu un statut politique et diplomatique important dans les affaires du Moyen-Orient et d’Afrique – elle est littéralement à la confluence de l’Afrique, de la Méditerranée et du Monde arabe», ce qui lui confère naturellement «un rôle important à jouer dans le renforcement des relations entre le Nord et l’Afrique subsaharienne» ; non sans faire ressortir « son rôle essentiel de médiateur dans les conflits à travers le continent », faisant allusion à la médiation algérienne dans le conflit malien, ramenant les belligérants à la table des négociations. L’«Algérie gagnerait à accroître les échanges commerciaux dans la région dans le sens d’une intégration régionale, y compris avec le Maroc».


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