Le magazine américain Forbes vient d e publier la liste des Africains les plus riches pour l’année 2015. On y trouve 8 Marocains, exerçant leur(s) activité(s) dans les secteurs les plus divers. Cette année, en plus des inévitables Othmane Benjelloun et Anas Sefrioui, d’autres personnalités et le roi Mohammed Vi figurent également dans cette liste. Mais les richesses sont moins imposantes que l’année dernière.
1/ A tout seigneur, tout honneur, c’est le roi qui arrive en première position avec une fortune évaluée à 5,7 milliards de $. Ce sont, selon Forbes, les 35% de la SNI – hérités de son père feu Hassan II – qui sont à l’origine de cette fortune. Forbes ne semble toutefois pas être au courant que la SNI a vendu ses parts dans Centrale Laitière et Cosumar. Mais Attijariwafa Bank y est toujours, contrôlée par la holding dite royale.
2/ Othmane Benjelloun (83 ans) a, pour Forbes, une fortune de 2 milliards de $, que lui procure « sa » banque, la BMCE. Mais à travers la holding Finance. Com, il contrôle également RMA Watanya et l’opérateur Meditel. Il est également grand propriétaire terrien.
3/ Aziz Akhannouch (54 ans), nouvel entrant dans ce classement des milliardaires marocains, trône sur une fortune de 1,3 milliards de $, issue des activités d’Akwa Groupe (avec la famille Wakrim, voir plus bas). Akhannouch, par ailleurs ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, est très actif dans le secteur pétrolier, gazier et énergétique, en plus d’être grand agriculteur.
4/ Miloud Chaâbi (86 ans) est le self-made man qui a constitué sa fortune à partir de rien. Il dispose de 800 millions de $, sachant que l’année dernière, il était à environ 1,5 milliards de $. Il exerce, à travers sa holding Ynna, dans l’immobilier, l’hôtellerie (Ryad Mogador), la pétrochimie (SNEP), la grande distribution (Aswak Assalam), les cartonnages… Il est en difficulté cette année en raison de procès à lui intenté par FCB, une société française qui lui reproche une rupture de contrat pour la construction d’une cimenterie.
4/ Mohamed Hassan Bensalah (45 ans) est le PDG de Holmarcom, une holding familiale qui, évaluée à 800 millions de $, elle aussi, travaille dans plusieurs secteurs, peintures (Atlas), immobilier, eaux minérales (Eaux minérales d’Oulmès), électroménager (Comptoir métallurgique), assurances (Atlanta, Sanad), médias (Radio Plus)… Sa sœur est Miriem Bensalah Chaqroun, patronne des patrons à travers la CGEM.
6/ Anas Sefrioui (58 ans) détient une fortune estimée à 650 millions de $. Il est le président fondateur de Douja Promotion Group, spécialiste et numéro 1 de l’immobilier au Maroc. Il commercialise des logements pour toutes les catégorie, le luxe avec Prestigia, la moyenne gamme avec Coralia et l’économique avec Addoha. Son groupe a essaimé en Afrique de l’Ouest, où il a construit (en plus du Maroc) plusieurs cimenteries.
7/ Hafid Elalamy (55 ans), dispose d’une fortune de 620 millions de $. Avec Saham, sa holding, il est aussi touche à tout… Assurances, agriculture, médical avec des cliniques achetées ou en train de l’être. Comme Chaâbi, il est un self made man, n’ayant hérité de rien. Et il est aussi ministre du commerce et de l’industrie depuis 2013.
8/ Ali Wakrim est le co-patron d’Akwa, avec Aziz Akhannouch. A ce titre, il a une fortune estimée à 450 millions de $.
On constatera que par rapport à 2014, les fortunes de Sefrioui et de Chaâbi ont fondu, mais non celle de Benjelloun. En revanche, il y a de nouveaux entrants, Elalamy, Akhannouch, Bensalah et Wakrim. La tendance au recul des fortunes, ou des « revers » de fortune, est sensible sur l’ensemble du continent, puisque les 50 Africains les plus riches totalisent une fortune de 95 milliards de $, 15 de moins en un an. On remarquera que sur les 50 plus riches africains, il n’y a que deux femmes, alors que par ailleurs, les femmes président trois confédérations de patrons sur le continent (Tunisie, Gabon et Maroc).
Le Maroc est le troisième pays africain en termes de milliardaires, avec 8 personnes, précédé par l’Afrique du Sud, avec 16 (très) riches, et le Nigéria, Etat pétrolier, avec 10 représentants, ce qui fait que les trois pays en termes de grosses fortunes s’accaparent à eux seuls plus des deux tiers de toutes les autres nations du continent.