Source: Reuters
Le président américain Barack Obama et son homologue turc Tayyip Erdogan






Le monde retient son souffle : la Turquie a abattu un avion russe engagé contre Daesh. Et chacun se pose deux questions : 1. Pourquoi ? 2. Avec quelles conséquences ? L'écrivain Michel Collon répond.
Sur le pourquoi, on a eu - comme d'habitude dans ce genre d'incidents - des versions successives et contradictoires. D'abord, Ankara a prétendu que cet avion aurait menacé l'espace aérien turc. En supposant que cela soit vrai, il existe d'autres méthodes pour intercepter et dérouter un avion jugé «dangereux». Ensuite, c'est devenu une «erreur». Me trouvant en ce moment à Belgrade à l'occasion d'une conférence internationale sur la paix, cet événement me rappelle une autre «erreur» de la guerre de l' OTAN contre la Yougoslavie.
Le 7 mai 1999, l'aviation US bombarde l'ambassade chinoise à Belgrade : trois morts. Une «erreur», affirme l'aviation US, nous ne savions pas que l'ambassade chinoise avait deménagé en cet endroit (depuis quatre ans !), nous ne disposions pas d'un plan récent de la ville. Sans rire. En vérité, le bombardement était un avertissement : la Chine soutenait discrètement la Yougoslavie agressée illégalement par l'OTAN.