Vladimir Poutine et François Hollande ont convenu, jeudi à Moscou, d'intensifier la lutte contre le "terrorisme" et de "coordonner" leurs frappes aériennes en Syrie contre les combattants de Daech.


Qualifiant les discussions avec le président français de "constructives", le président russe Vladimir Poutine a déclaré lors d'une conférence de presse conjointe que les deux parties ont décidé d'échanger les informations militaires concernant les positions des millitants de l'opposition syrienne modérée.
Paris et Moscou vont "échanger des informations concernant les zones où se trouvent l'opposition saine (terme utilisé par la Russie pour désigner les opposants modérés, ndlr) et non pas terroriste, et s'abstenir de les viser", a indiqué Vladimir Poutine, ajoutant que les frappes russes et françaises cibleront en priorité le transport de produits pétroliers, dont la vente est la principale source de financement de Daech.
"Nous nous sommes accordés, Vladimir Poutine et moi-même sur trois points essentiels. Premièrement, nous allons augmenter les échanges d'informations et de renseignements de toute nature et notamment entre nos forces", a indiqué le président français, François Hollande.
Intensification des frappes contre Daech
"Les frappes contre Daech seront intensifiées et feront l'objet d'une coordination pour augmenter leur efficacité notamment en ce qui concerne le transport du pétrole. Troisièmement, et le président Poutine vient d'insister là-dessus, les forces luttant contre Daech et les groupes terroristes ne doivent pas être visées par nos actions. Nous devons aller frapper les groupes terroristes et Daech. Combattre Daech et les groupes terroristes, et eux seuls", a ajouté le président Hollande.
Les deux dirigeants ont exprimé leur détermination à punir les auteurs des actes terroristes contre la Russie et la France, victimes d'attaques terroristes revendiquées par Daech.
La Russie a entamé fin septembre des frappes aériennes contre les position de Daech en Syrie à la demande du président syrien Bachar al-Assad. Ces raids aériens ont diminué de manière significative la capacité du groupe terroriste, selon Poutine.
La France a, de son côté, intensifié ses frappes aériennes contre Daech, qui a revendiqué les attentats perpétrés à Paris le 13 novembre dernier.
Des divergences de point de vue subsistent cependant entre les deux dirigeants sur le sort du président syrien dans le cadre d'une solution politique à la crise syrienne.
Hollande a soutenu que l'actuel président syrien n'avait pas sa place dans l'avenir de la Syrie, tandis que Poutine, qui considère Al-Assad et ses troupes comme des alliés dans la lutte contre le terrorisme, a souligné que le sort de ce dernier devait être décidé par le peuple syrien.