La Coalition contre les agressions sexuelles sur les enfants vient d’annoncer un bilan dramatique et inquiétant sur la l’augmentation en nombre des viols et violences sexuelles commises contre des enfants. De 713 en 2012 et 768 en 2013, ces actes sont passés à 850 en 2014 puis à 935 en 2015 (soit 3 viols par jour !!), et l’année n’est pas finie… ces chiffres sont très certainement bien en-deçà de la réalité car ils ne tiennent compte que des viols dénoncés.

Si l’augmentation entre 2015 et 2012 dépasse les 30%, la Coalition constate que les viols sont commis deux fois plus sur les garçons que sur les filles, soit 635 pour les premiers et 300 pour les secondes. Fait encore plus grave, plus de la moitié des violences sexuelles sont exercées dans le cadre familial et l’environnement spatial des victimes.
Pour les membres de la Coalition, les tabous sociaux et la crainte de la honte induisent que les cas recensés sont certainement bien moins nombreux que la réalité. La Coalition épingle donc le manque de protection des enfants dans leur cercle familial et à l’égard du voisinage, mais critique aussi l’attitude des juges qui ne semblent pas conscients de l’importance de ces faits. Nombreux sont les condamnations de pédophiles à des peines de moins de cinq ans, parfois même avec des sursis !
Le président de la Coalition Khalid Semmouni affirme que « les magistrats ne prennent pas encore suffisamment la mesure de l’abomination d’un viol sur un enfant. Ils ne tiennent pas compte des dégâts infligés à l’enfant, tant sur le plan physique que mental ». Mais le phénomène, depuis l’affaire Galvan et le développement des médias électroniques, devient de moins en moins tabou ; les langues se délient et les familles parlent de plus en plus. De plus, les policiers sont davantage concernés par ce fléau social, et engagent donc des actions contre les pédophiles, marocains et étrangers, attirés par le tourisme dit sexuel et assurés de leur impunité.
Mais la société et la justice sont encore très sévères à l’encontre des jeunes gens qui se prostituent. Oubliant qu’il ne s’agit jamais d’une activité librement consentie et choisie, on jette souvent l’opprobre sur les jeunes délinquants sexuels qu’on envoie dans des centres de détention pour mineurs. Enfin, les mariages avec des mineurs sont considérés à leur tour comme des violences sexuelles car ces unions sont généralement forcées pour les conjoints de moins de 18 ans.
La Coalition énonce toute une série de recommandations : introduction de cours d’éducation sexuelle et de droits de l’Homme et de l’enfant dans les établissements scolaires, sensibilisation de la population marocaine, et essentiellement des juges, des avocats et des policiers, mise à l’index des hôtels abritant les activités sexuelles, mise en place d'une assistance médicale gratuite pour les victimes…