L’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara Christopher Ross poursuit sa tournée au Maghreb. Après une escale à Alger où il a rencontré le président algérien Abdelaziz Bouteflika, il a été reçu mercredi 25 novembre par le ministre marocain des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar. Une tournée ordinaire, mais rien de spécial…

Il est des infos qui sont apportées en tant qu’infos, puisque rien de tangible ne devrait les suivre… C’est le cas pour cette visite de Christopher Ross au Maghreb où, semble-t-il, tout a été dit. Les Algériens continuent de parler de « territoires occupés » et de « droit intangible des peuples à l’autodétermination », sans ne tenir aucun compte des évolutions mondiales et régionales. Le Maroc s’est engagé à investir 8 milliards de $ au Sahara, 8 ans après avoir été le plus loin qu’il pouvait, en proposant l’autonomie des provinces sahariennes, au même titre que les autres régions du pays… Et Mohamed Abdelaziz essaie encore et toujours d’exister, même si le cœur (et le corps) ne paraissent plus tellement y être…

Ainsi, les deux nouveautés à enregistrer dans ce dossier sont, un, le discours du roi sur les gigantesques investissements que le Maroc lance au Sahara et, deux, l’interdiction faite par Salaheddine Mezouar à Christopher Ross de se rendre à Laâyoune, une position qui a fait s’étrangler les responsables algériens. Et leurs médias.

Pour le reste, Mezouar a plaisanté sur l’embonpoint et la barbe de son visiteur, lequel a vivement remercié son hôte pour l’accueil du Maroc. Rien de bien fondamental donc…

Le plus intéressant est que dans son programme, l’envoyé spécial de Ban Ki-moon envisage d’aller en Europe pour « vendre » son projet de fédération, d’ores et déjà refusé par le Maroc. Il fera ce déplacement alors que le roi du Maroc est en France depuis trois semaines, que la France est en état d’urgence, que la Belgique, capitale européenne, est en alerte maximale, que l’Allemagne vient d’échapper à un attentat majeur, que les Espagnols traquent les Daechiens sur leur sol… et que tous ces pays demandent l’assistance de Rabat pour leurs enquêtes préventives et consécutives à des actions terroristes.

Le monde a changé, les menaces aussi et les priorités encore plus… Quant aux 200.000 Marocains d’origine sahraouie, ils bénéficieront dans les prochains mois d’une manne d’argent qui prévoit la création de 120.000 emplois et qui les mettra à l’abri de tout besoin… sauf celui de voir leurs frères, cousins et parents de Tindouf les rejoindre à Laâyoune, Dakhla ou Smara.