Seuls les sites libyens de production off-shore ont été épargnés par la paralysie (DR)

Frappé depuis 10 mois par des mouvements de protestation répétitifs de ses employés, le secteur pétrolier libyen pourrait cesser ses exportations pour la première fois depuis la chute du régime de Maamar El Kadhafi en 2011.

Sur les nombreux gisements de pétrole en exploitation à travers le pays, seules les installations de production en off-shore épargnées par les grèves à répétition qui paralysent le secteur des hydrocarbures et réduit de manière considérable la production et les exportations du pays.
Selon des informations rapportées par l’agence britannique Reuters, les autorités seraient amenées à détourner la production des sites off-shore libyens d’Al Jurf et Bouri (environ 80.000 barils/jour) vers la raffinerie de Zawiya, qui produit du gasoil pour les besoins de la capitale. Un responsable de la compagnie pétrolière libyenne National Oil Corp (NOC) a indiqué que si la situation ne s’améliore à Brega, dans l’est du pays en proie à de violents combats entre milices armées, la Libye serait forcée de stopper totalement ses exportations de pétrole, unique source de revenus extérieurs et de financement du budget de l’Etat.
Les mouvements de protestation menés par les travailleurs des complexes pétroliers du pays ont paralysé la quasi totalité des gisements d’hydrocarbures et des terminaux d’exportation de pétrole. Les milices armées, dont celle menée par le chef de guerre libyen Ibarhim-al-Jadhran, ont-elles aussi contribué à cette paralysie, en fermant quatre terminaux d’exportation de pétrole et de gaz à l’est du pays, pour exiger le partage des revenus des ventes avec le gouvernement central de Tripoli.
Attentats à Benghazi et Tripoli
Un délégué suisse, du Comité international de la Croix Rouge a été tué mercredi dans la vile de Syrte, à 500 km à l'est de Tripoli. Il venait d'effectuer une mission auprès de l'antenne locale du Croissant-Rouge libyen, a souligné un porte-parole de ce Croissant-Rouge, Mohamed Moustafa al-Misrati. «Il a été attaqué par des hommes armés alors qu'il sortait d'une réunion avec deux collègues. Il est décédé à l'hôpital de Syrte. Ses collègues sont indemnes mais choqués», a déclaré un porte-parole du CICR à Genève, Wolde Saugeron. Les raisons de cet assassinat restaient inconnues dans l'immédiat.
Cet assassinat intervient quelques heures après une sanglante attaque à Benghazi, contre le quartier général de Khalifa Haftar, le général libyen à la retraite qui a juré de débarrasser la Libye des milices islamistes armées. Selon un des commandants de la force du général Haftar, un kamikaze a lancé sa voiture piégée contre une villa où se trouvait le général Haftar, blessant « légèrement » celui-ci et tuant quatre de ses soldats.
A Tripoli, où deux gouvernements se disputent le pouvoir, un député du Congrès général national (CGN, Parlement), Abou Bakr Maddour, a été enlevé mercredi à sa sortie du ministère de la Justice, près du centre de la capitale, selon une source parlementaire. Aucun groupe n'a encore revendiqué ce rapt. Le siège du gouvernement, où s'est établi cette semaine le Premier ministre contesté Ahmed Miitig, a été touché dans la nuit de mardi à mercredi par une roquette qui a fait des dégâts mais pas de victime.
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