Mobilité : Les distances mesurées par les appareils équipés de GPS sont toujours plus importantes que celles réalisées de manière effective assure une étude. Mieux vaut se baser sur la vitesse conseillent les scientifiques.

" Non je n'étais pas saoul " explique le journaliste scientifique Brian Hayes sur son blog bit-player.org, juste sous le visuel qui illustre ses 4 tours de pistes mesurés avec l'application Runmeter installée sur son iPhone.



On ne demande qu'à le croire. Mais de prime abord, ce n'est pas évident. " La trace bleue montre mes embardées sur la piste, errant sur le terrain de football, et prenant des raccourcis scandaleux dans les virages, mais rien de tout cela est arrivé, je le promets. Pendant toute la course mes pieds n'ont pas quitté le couloir le plus proche de l'ovale. Tous mes détours apparents résultent d'erreurs de mesure du GPS ou d'approximations faites dans la reconstruction de la trajectoire à partir de l'ensemble des positions mesurées ".

Le plus surprenant cependant, c'est que la distance annoncée par le smartphone à la fin de la course était proche de la réalité. " les différentes erreurs s'équilibrent " tente d'analyser Brian Hayes pour expliquer pourquoi les erreurs de positionnement et d'interpolation (la reconstruction du parcours entre deux points géolocalisés par le GPS.

Mieux vaut privilégier la vitesse que le GPS

" Ces erreurs de calcul de la distance effectivement parcourue ne sont pas dues au hasard " affirme une autre étude qui montre que les appareils équipés de GPS surestiment toujours les distances effectivement parcourues par les utilisateurs. Les chercheurs de l'université de Salzburg affirment que l'erreur constante de prise de mesure " entraîne un biais systématique dans les distances enregistrées avec un GPS ; la distance entre deux points enregistrés avec un GPS est - en moyenne - plus grande que la distance réelle entre ces points ".Comment expliquer ces problèmes ?

Il semble que la météorologie entre en ligne de compte. Les ondes radios qui communiquent entre les modules GPS et les satellites sont sujettes à des perturbations de phénomènes météo difficilement modélisables, ce qui expliquerait en partie les erreurs. Le projet européen Galileo doit permettre de proposer une alternative à ce système vieillissant, mais toujours très utilisé. Deux nouveaux satellites ont été positionnés dans l'espace début septembre pour compléter le dispositif. Mais ce projet traîne en longueur depuis des années. Au point d'être qualifié de fiasco.

En attendant, les chercheurs de l'université autrichienne conseillent aux concepteurs de logiciel qui font appel à la technologie GPS de privilégier le calcul de distance en fonction de la vitesse plutôt que par rapport aux points de géolocalisation.