Selon le département du Commerce, qui a publié ses premières estimations mercredi, tous les secteurs de l'économie ont rebondi d'avril à juin dans le pays. Les résultats du premier trimestre ont également été revus à la hausse, se révélant moins mauvais que prévu.

Les analystes ne misaient que sur 3,2%. Mais la reprise de la croissance économique américaine au deuxième trimestre les a surpris. D'avril à juin, en rythme annualisé, le produit intérieur brut (PIB) américain a en effet progressé de 4%, selon la première estimation du département du Commerce publiée mercredi.

Quasiment tous les secteurs de l'économie ont rebondi, note le ministère:

"La progression du PIB au deuxième trimestre reflète un retour des investissements dans les stocks, un rebond des exportations, une accélération des dépenses de consommation et un revirement des dépenses des Etats et collectivités locales"

Il souligne également une accélération des investissements des entreprises comme de l'investissement résidentiel.


Nouvel élan de la consommation
Dans le détail, après s'être limitées à une progression de 1,2% au premier trimestre, les dépenses de consommation ont retrouvé un niveau correct: +2,5%. Les dépenses de biens durables, comme les voitures ou les équipements électroménagers d'une durée de vie de plus de quatre ans, ont quant à elles fait un bond de 14%, au plus haut depuis 2009.

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La reconstitution des stocks a ajouté 1,66 point de croissance alors qu'un déstockage au premier trimestre en avait soustrait 1,16 point. Les exportations ont rattrapé la chute du trimestre précédent (+9,5% contre -9,2%), même si leur effet positif sur le PIB est effacé par une hausse de 11,7% des importations, portée par le nouvel élan de la consommation.

L'inflation en hausse de 2%
Si les dépenses publiques du gouvernement fédéral ont continué de baisser (-0,8%), celles des Etats et des collectivités locales ont augmenté à 3,1% - la plus forte progression depuis le 2e trimestre 2009.

L'inflation mesurée par l'indice des prix relatif aux dépenses de consommation (PCE) a nettement progressé, à 2,3%, après 1,4% au trimestre précédent. Hormis les secteurs volatils de l'alimentation et de l'énergie, l'inflation PCE est en hausse de 2% contre 1,2% au 1er trimestre.

Une estimation définitive fin août
Cette première estimation pourrait toutefois subir une révision, puisqu'elle ne se base que sur deux mois de données, pour l'essentiel des statistiques. Mais elle est significative dans la mesure où elle intervient alors que le Comité monétaire de la Fed achève mercredi une réunion de deux jours. A son issue, selon les analystes, elle devrait décider de garder son cap de politique monétaire, laissant les taux proches de zéro inchangés tout en continuant de réduire modestement son soutien exceptionnel à l'économie.

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La prochaine estimation sera publiée le 28 août.

Un premier trimestre moins mauvais que prévu
Selon le gouvernement, par ailleurs, même la mauvaise performance du premier trimestre, pendant lequel le PIB avait reculé, a finalement été moins sévère que l'on ne l'avait cru. Le ministère a procédé à une ultime révision en hausse de 0,8 point: elle s'est donc établie à -2,1% (contre 2,9% selon les précédentes prévisions).


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