Les Français ont conscience que la voiture autonome va arriver, mais ils ne semblent pas emballés à l'idée d'en avoir une 100 % indépendante et pensent qu'elle n'est pas plus sûre.

Si la voiture entièrement autonome est appelée à se développer dans les années à venir - vers 2020 - son concept ne séduit pas encore totalement les Français : à peine 12 % d'entre eux aimeraient posséder ce type de véhicule, selon un sondage publié par Dekra. Signalons que les sondés ont été amenés à se prononcer sur une technologie dont ils ne cernent pas forcément tous les contours, car ils ne l'ont pas eue entre les mains.

Lorsque la conduite est partiellement autonome en revanche - ce qui sera le cas dans un premier temps, le « niveau 5 » de l'automatisation complète n'étant pas du tout pour demain - l'appétence est plus grande.

La fonctionnalité automatisée la plus plébiscitée est la surveillance d'angle mort, avec 57 %. Elle devance un système de protection des piétons (50 %), le freinage automatique (47 %) et le régulateur de vitesse adaptatif en fonction de l'environnement (35 %). En revanche, seuls 10 % des personnes interrogées pensent qu'une voiture entièrement autonome serait un réel gain en matière de sécurité. N'en déplaise à Google et ses 14 accidents en 6 ans sans responsabilité humaine, et 3 millions de kilomètres parcourus par ses Google Cars.

Vers des « crashs aériens » sur la route ?

Le chercheur Jaron Lanier livre une vision nuancée et intéressante de la sécurité d'un parc automobile entièrement automatisé, dans son ouvrage Internet : qui possède le futur ?. Selon lui, il est assez probable que ce genre d'écosystème génère considérablement moins d'accidents, voire quasiment plus. Cependant, si un piratage ou un bug vient compromettre ces autos, une réaction en chaîne pourrait causer de multiples accidents, et atteindre, selon l'auteur, les proportions d'un crash aérien ou d'une catastrophe ferroviaire.



Selon l'Organisation mondiale de la santé sur la sécurité routière, 1,2 million de personnes périssent encore chaque année sur la route, en faisant la première cause de décès chez les personnes âgées de 15 à 29 ans.

En attendant, la moitié des sondés est toutefois persuadée que ces voitures vont vraiment se développer dans les 20 prochaines années. Si certains imaginent que cela prendra plus de temps, ils ne sont que 17 % à ne pas y croire du tout. Rappelons que l'automatisation se fait par bribes et que de nombreux systèmes existent déjà, comme l'assistance au parking, la correction de trajectoire en cas de franchissement de ligne blanche...

Un véhicule autonome circule déjà en France

Ces tâches ingrates constituent le niveau 2 de l'automatisation. Ce n'est qu'au niveau 3 que les autos pourront se déplacer de façon autonome, mais que sur certaines portions (autoroutes par exemple) et ne déchargeront donc encore pas le conducteur, qui devra être prêt à en reprendre le contrôle. Au niveau 4, les voitures se déplaceront sans assistance du chauffeur, qui pourra vaquer à ses occupations. Au niveau 5, les autos pourront circuler à vide dans un système global, et être utilisées comme un service de transport.

Si cette réalité paraît lointaine, le fabricant français Navya lui a pourtant donné corps de façon anticipée en lançant une navette entièrement autonome cet automne. Elle se limite pour l'instant à des périmètres maîtrisés, comme une enceinte d'aéroport ou d'un hôpital. Mais préfigure ce que sera le 100 % autonome.