Dans une vie active, le passage par un contrat temporaire devient la norme. Les embauches se font aujourd'hui à plus 90% en CDD, en intérim ou en apprentissage. Ce phénomène est allé croissant au cours des dernières années, relève une étude du ministère du Travail qui s'est intéressée à la décennie 2000-2012. Sur cette période, le nombre d'embauches en CDD a progressé de 76% et celles en intérim de 14%, tandis que celles réalisées en CDI n'ont augmenté que de 3,8%.
Mais fait notable, cette forte croissance n'a pas fait chuter, depuis 2000, la part des salariés en contrat à durée indéterminée: près de 87% des salariés restent titulaires d'un CDI, tandis que les contrats temporaires représentent entre 12% et 13% des contrats signés, une part stable depuis le début du millénaire. Les contrats temporaires ont eu raison de la suprématie du CDI quelques années plus tôt: la part des salariés en intérim a été multipliée par 4 entre 1984 et 2000 et la part de ceux en CDD par deux. Depuis, ces proportions restent stables.

Sas vers l'emploi durable

Le ministère du Travail explique ce paradoxe par le fait que les contrats temporaires signés sont de plus en plus courts. Les CDD de moins d'un mois font florès: ils représentaient 40% des CDD en 2012 contre 25% en 2000. Quant aux missions d'intérim, leur durée, qui varie en fonction de la conjoncture, a également baissé en moyenne, à 1,7 semaine

Le contrat temporaire est aussi devenu un passage obligé vers l'emploi stable. Chez les jeunes, la part de l'emploi en CDI a incontestablement reculé. La moitié seulement des salariés âgés de moins de 24 ans est en CDI, contre plus de 80% en 1982. Le ministère du Travail note cependant que la forte progression de l'apprentissage entre les années 1980 et les années 2000 explique en grande partie de ce phénomène. À mesure qu'ils progressent en âge, les jeunes salariés sont de plus en plus en CDI: ils sont 5% à 17 ans mais 75% à 25 ans. Signe que les contrats temporaires restent un sas vers l'emploi durable

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