Toutes les mesures répressives décrétées pour éradiquer le trafic du carburant sur la bande frontalière ouest se sont avérées vaines.


Au mois de juin 2013, l’ancien wali de Tlemcen avait signé un arrêté, transmis à la direction de Naftal, entré en vigueur dès le 5 du même mois, consistant à plafonner les ventes de carburant pour les véhicules utilitaires à 500 DA et à 2000 DA aux camions (10 000 DA précédemment).

Si cette mesure dissuasive avait été applaudie par les automobilistes honnêtes, certaines voix, notamment les propriétaires de stations, s’étaient élevées pour tirer la sonnette d’alarme.

«Cet arrêté pourrait pousser certaines stations à la fermeture, en ce sens que le chiffre d’affaires baissera considérablement tandis que les charges augmenteront». Et d’ajouter : «Pour lutter contre le trafic du carburant, il faut surveiller les frontières et fermer les dépôts de stockage du gasoil et de l’essence sur le tracé frontalier.» Entre-temps, des tranchées ont été creusées par les autorités algériennes, sur le tracé frontalier, pour, ont-elles justifié, lutter contre tous les trafics.

En réponse à cette décision, le gouvernement marocain a répliqué en commençant à ériger un mur de grillage, haut de six mètres pour, selon les responsables du Maroc, lutter contre l’immigration irrégulière. Cependant, en dépit de ces méthodes et moyens dissuasifs, le trafic du carburant a curieusement repris de plus belle. Comment est-ce possible ? «Faites un petit tour du côté de la frontière, vous verrez que des passages ont été laissés pour permettre aux contrebandiers des deux côtés d’acheminer leurs produits», témoigne un habitant de Akid Lotfi, le village frontalier.

S’agit-il de complicités sur les lieux ? Les trafiquants sont-ils plus intelligents que les militaires, la douane et la police ? Que l’Etat ?

Concrètement, au vu de toutes les marchandises qui circulent illégalement dans les deux sens (Algérie-Maroc), il serait naïf de ne pas croire qu’il y a une certaine «tolérance» chez ceux dont la mission est de combattre les contrebandiers de tout acabit.

Chahredine Berriah-El Watan