Ce weekend, au terme d’une semaine marquée par les élections des bureaux des régions, des villes et des communes, le PJD savait à quoi s’en tenir et quel est le nombre de conseils sur lesquels il aura la haute main, mais une « main propre », a insisté Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD..
Dans un discours relâché, plus serein que lors de la campagne électorale, le secrétaire général du PJD a donné l’impression que son propos était improvisé. Mais il ne s’agissait que d’une impression car les mots étaient soigneusement pesés.
Le référentiel et la politique
Pour être religieux, ce référentiel est surtout moral. Abdelilah Benkirane a bien enjoint, en insistant, à son auditoire de rester intègre et au service de la population. Les élus PJD, maires, présidents ou membres de bureaux, ne doivent pas dicter leurs conduite à leurs administrés, pas plus qu’ils ne doivent s’occuper de leurs pratiques quotidiennes, vestimentaires ou autres, « nos valeurs musulmanes sont respectées et observées dans un grand nombre de pays avancés qui ne sont pourtant pas musulmans. Intéressez-vous au logement, à l’assainissement et aux écoles ; quant à la religion, dans ce pays, est l’affaire du ministère des Affaires islamiques, sous la conduite du roi, Amir al mouminine ».
Le référentiel religieux interdit également de soudoyer ou de donner de l’argent car « un parti qui ne donne pas d’argent n’en prend pas non plus, et c’est pour cette raison que le vote a été politique ». Pour cela, enjoint Benkirane à ses élus, il faut s’assurer de prendre des décisions justes et équitables, « la richesse viendra après ».
Et puis, satisfecit de l’orateur, avec une petite pique au passage : « En 2003, nous avions été empêchés de couvrir l’ensemble des circonscriptions que nous pouvions, et aujourd’hui, nous somme passés de 50 communes en 2009 à 176 aujourd’hui ».
La compétition avec les autres partis
« Quand nous avons étudié les résultats, et avec 25% des suffrages pour les Régions, nous devions prendre le contrôle de 5 d’entre elles, du moins pour la majorité, mais il s’est produit des choses inadmissibles, que nous n’admettons donc pas », explique le chef du PJD et du gouvernement, qui va plus loin encore : « Ce n’est pas normal d’être dans un parti appartenant à la majorité et de voter contre la majorité, voire contre son parti lui-même ». Et d’ajouter : « Nous, nous faisons de la politique, pas de la mise en scène (en français dans le discours). Ça, nous ne savons pas faire ».
Puis il en arrive à sa marotte habituelle, qui a pour nom, el Omari (secrétaire général-adjoint du PAM), auquel il ne pardonne pas d’avoir pris la Région Tanger-Tétouan : « Ce Monsieur, qui habite à Rabat, aurait dû se présenter à Rabat, et pas dans ce douar reculé, où il a en plus incité un candidat à ne pas se présenter contre lui. Je dis à ce Monsieur qu’il ne comprend rien à la politique, mais que les gens finiront par comprendre (…) M. Bakkoury, que nous respectons, n’ pour sa part même pas pu enlever la présidence de Mohammedia, et le voilà qui est aujourd’hui président de toute la Région, avec Settat, el Jadida, Mohammedia… ».
Enfin, il tire la couverture à lui, en toute légitimité d’ailleurs, demandant à ses élus de « ne jamais demander la présidence d’une collectivité territoriale où le PJD ne serait pas classé premier, de même qu’il ne faut pas renoncer à la présidence si nous sommes classés premiers dans la région ou la ville concernées ».
Et donc, travaillez prenez de la peine, semble dire Benkirane aux cadres PJD élus dans les communes et les régions car « on ne sait ce que vos adversaires vous préparent comme pièges et comme combines ».