L'objectif est ambitieux, mais l'enjeu est de taille. La Commission européenne souhaite faire réduire la consommation d'énergie de 30% d'ici à 2030. Il en va non seulement d'une saine gestion de l'environnement, mais également (et surtout) de l'économie.

Moins d'énergie fossile, plus d'énergie durable

Cet objectif n'a rien d'impossible, car cela ramènerait la consommation d'énergie en Europe au niveau de ce qu'elle était en 2007, avant la crise donc. Cette proposition est portée par Jean-Claude Juncker, nouveau patron de l'exécutif européen, qui dans son discours inaugural, a placé l'environnement parmi les priorités de sa mandature.
Connie Hedegaard, la Commissaire en charge du climat, s'est dite d'ailleurs très satisfaite, a contrario de son homologue à l'industrie, Günther Oettinger, qui souhaitait plutôt une plus grande souplesse en la matière. C'était aussi le choix de José Manuel Barroso, le président de la Commission sortant. Il souhaitait lui une baisse de la consommation d'énergie de 20%.

Réduire la dépendance au gaz russe

Bruxelles se fixe d'autres buts d'ici 2030 : utiliser 27% d'énergie renouvelable et réduire les gaz à effet de serre de 40% par rapport à 1990. Cette réduction de la consommation d'énergie est d'autant plus importante que l'Europe doit apprendre à se passer du gaz russe, soumis à trop d'aléas politiques comme on le voit actuellement avec les évènements en Ukraine.

Il faudra cependant que les chefs d'État et de gouvernement des 28 pays membres acceptent cette contrainte, ce qui risque de poser des problèmes à certains, qui rechignent à mettre sur la table les investissements nécessaires. Du côté de la France, on est en tout cas sur la même longueur d'ondes que la Commission européenne; Ségolène Royal a ainsi proposé également une réduction d'au moins 30% de la consommation d'énergie.
Il faut dire que l'Hexagone joue ici son image dans le monde : le prochain sommet mondial sur le climat aura en effet lieu à Paris en 2015. Mieux vaut se montrer le bon élève de la classe

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