Le constructeur de voitures haut de gamme Mercedes-Benz améliore de 68% son profit opérationnel (EBIT) au premier semestre à 2,59 milliards d'euros. Soit une marge opérationnelle de 7,5%. Voire 7,9% sur le seul deuxième trimestre. Sur les six premiers mois de l'année dernière, la célèbre firme à l'étoile n'affichait que 4,9%. Réputé pour ses limousines, coupés, cabriolets, 4x4 de haut de gamme, le constructeur de Stuttgart est encore loin des marges d'Audi ou de BMW (autour de 10% sur l'année 2013) ainsi que de Porsche (18%). Mercedes (voitures particulières) reste donc structurellement moins rentable que ses compatriotes et rivaux. Malgré les prix de ventes souvent plus élevés que ceux d'Audi et BMW. La faute à des coûts de structure plus lourds et de production sensiblement plus élevés.

Ceci n'empêche pas Mercedes (voitures particulières) de battre des records de ventes. La marque avait annoncé début juillet des chiffres commerciaux historiques pour le premier semestre (+13% à 783.520 véhicules vendus). La firme à l'étoile compte battre en 2014 son pic historique de l'année dernière (1,46 million). Mercedes a lancé sa nouvelle limousine Classe S de prestige et sa berline moyenne Classe C, dont la production vient de démarrer en Afrique du sud et aux Etats-Unis, après l'Allemagne. Les ventes de Mercedes ont progressé de 7,4% à 352.198 véhicules en Europe sur le semestre, de 6,8% aux Etats-Unis à 51.624, de 37,5% à 135.972 en Chine.

Accords techniques avec Nissan
Mercedes est de plus en plus lié à l'Alliance Renault-Nissan. Dieter Zetsche, PDG du groupe allemand Daimler (maison-mère de Mercedes), et Carlos Ghosn, son homologue de l'Alliance Renault-Nissan, ont annoncé fin juin une extension de leur coopération, avec la création d'une co-entreprise à 50-50, qui construira, sur le site Nissan mexicain d'Aguascalientes, une nouvelle unité d'une capacité annuelle de 300.000 véhicules. L'usine fabriquera des voitures compactes pour Infiniti, label haut de gamme de Nissan, et pour Mercedes. Le démarrage de la production aura lieu en 2017 pour les modèles de marque Infiniti et en 2018 pour Mercedes, à travers un investissement d'un milliard d'euros.

Nissan a par ailleurs lancé officiellement en juin la production de moteurs Mercedes sur son site américain de Decherd dans le Tennessee, pour équiper les versions européennes de la berline Infiniti Q 50, mais aussi les Mercedes produites par le constructeur à l'étoile en Alabama (Etats-Unis). Mercedes fournira par ailleurs la plate-forme de sa Classe A pour la future Infiniti Q30, laquelle sera fabriquée en Grande-Bretagne et lancée en Europe fin 2015.

Alliance industrielle et capitalistique
Daimler, maison-mère de la firme à l'étoile, et l'Alliance Renault-Nissan avaient conclu une alliance industrielle et capitalistique en avril 2010. Daimler détient 3,1% de Renault et de Nissan, lesquels contrôlent chacun 1,55% du capital du consortium germanique.

Renault est aussi partie prenante de cette coopération industrielle. Renault fournit ainsi des petites diesels 1,5 et 1,6 dCi à Mercedes (Classe A et B, Classe C) ainsi que l'utilitaire Kangoo, produit à Maubeuge (Nord) et rebaptisé Citan par Mercedes. Cette alliance débouchera également sur la commercialisation à la rentrée de la toute nouvelle petite Smart Fortwo produite en Lorraine et de la Renault Twingo III, fruit d'un partenariat majeur (projet "Edison"). Renault produira d'ailleurs, aux côtés de sa Twingo III, une version à quatre portes de la Smart dans son usine slovène de Novo Mesto. 75% des composants (en valeur) seront communs.

Résultats techniquement en baisse pour Daimler
Le groupe Daimler dans son ensemble a affiché un chiffre d'affaires en hausse de 9% à 61 milliards d'euros sur six mois, avec un résultat opérationnel en chute de 21% à 4,88 milliards. Le bénéfice net a chuté de 36% à 3,28 milliards. Toutefois, ces baisses ne reflètent pas la marche des affaires, mais s'expliquent par des raisons techniques. A périmètre identique, Daimler affiche en effet une hausse semestrielle.

Les résultats du deuxième trimestre 2013 avaient été gonflés artificiellement par la cession de ses parts restantes dans le groupe aéronautique européen EADS, devenu Airbus Group. Le consortium germanique a confirmé ce mercredi ses prévisions pour l'ensemble de l'exercice 2014. Il prévoit une "nette hausse" de ses ventes, de son chiffre d'affaires et de son bénéfice opérationnel à périmètre constant

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