Le président du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) Omar Azzimane était l’invité du forum de la MAP ce 15 septembre. Il est revenu sur la problématique de l’enseignement au Maroc et sur les dangers qu’il y aurait à maintenir le statu quo. Mais si la prise de conscience est là, la mise en œuvre d’une politique concrète tarde encore…
Le conseiller du roi a d’abord rappelé quelles sont ses priorités, et ces priorités portent sur le volet organisationnel et réglementaire : reprise de la technostructure mise en place par le défunt Meziane Belfqih, promulgation de la loi organique sur le conseil, auditions et concertations avec les professionnels… « le Conseil s’est strictement conformé à sa vocation d’instance indépendante de réflexion stratégique, parfaitement respectueuse des prérogatives des départements gouvernementaux en charge de l’éducation et de la formation, seuls habilités à gérer les politiques publiques en matière d’éducation et de formation et qui, du reste, font partie du Conseil et ont largement contribué à ses travaux », explique Omar Azzimane.
Parmi les priorités du Conseil, plusieurs mesures seront prises, comme l’obligation de l’enseignement préscolaire, l’application de la « discrimination positive » pour le monde rural et périurbain, la mise à contribution du secteur privé, la lutte contre l’abandon scolaire…
Mais le CSEFRS réfléchit aussi à une école de qualité, et non seulement pour assurer le quantitatif ; ainsi, on réfléchit à une refondation des métiers de l’éducation et à l’adéquation des formations aux besoins de l’économie, à l’évolution des métiers, à l’émergence de nouveaux métiers, des métiers internationaux et des métiers du futur.
Et au-delà de ces bonnes intentions, force est de constater que le processus a pris du retard. Nous en sommes encore au stade de la réflexion, une réflexion qui est âgée de plusieurs années, et qui est reconduite à chaque changement de la structure chargée… d’y réfléchir. Ce qui conduit Omar Azzimane à conclure que « si les choses restent donc inchangées, et si nous ne faisons rien, ou si nous nous contentons de faire semblant de faire ou nous satisfaisons des mesures incohérentes et irréfléchies, nous allons droit dans le mur ».
Et que veut dire « aller dans le mur » pour le conseiller royal, Comme se décline cette descente aux enfers ? Le tableau brossé est noir :
1/ Accroissement inéluctable des déperditions, des décrochages, de l’analphabétisme et de l’ignorance, et donc de tous les graves problèmes politiques et sociaux qui en découlent ;
2/ Baisse inévitable de la qualité des formations et à son contrecoup sur l’économie, sur l’administration et sur le développement socio-économique et culturel ;
Omar Azzimane semble conscient des périls mais cela n’empêche pas que les priorités restent dans l’organisation et la réglementation. Rien n’est encore, semble-t-il, fait pour passer à la vitesse supérieure consistant à décliner les bonnes intentions en actions tangibles.