Les brigades du Qassam palestinien ont pu stopper net, avant-hier, une colonne blindée des unités Golani israéliennes au niveau d’Al-Chujaya à Gaza en appliquant des tactiques similaires à celles que le Hezbollah a appliqué lors de sa guerre de 33 jours avec Israël en juillet 2006.

Les missiles antichar de fabrication russe Kornet, fournis aux palestiniens assiégés de la bande de Gaza par la Syrie avant la guerre dans laquelle elle a sombré en 2011, se sont avérés d’un excellent usage contre les véhicules blindés de combat d’infanterie Namer et contre les chars de bataille Merkava, déployés par les israéliens sur le terrain.

Selon diverses informations, 104 soldats israéliens ont été mis hors combat en moins de 24 heures à Gaza, dont une quinzaine de tués et au moins un soldat capturé.

Fidèle à sa politique de représailles collectives, Israël a bombardé avec la violence la plus extrême le quartier d’Al-Chujaya où leurs forces ont eu maille à partir avec les commandos du Qassam, tuant et détruisant plus de 80 civils dont des femmes et des enfants en quelques heures. Ces tueries aveugles commises à l’aide de l’artillerie lourde contre des civils n’ayant aucun refuge, loin de saper le moral d’une population meurtrie par un très long siège ponctué par des campagnes meurtrières dans lesquelles ont été utilisé des armes prohibées comme le phosphore blanc, ne font que renforcer l’esprit de résistance.

La capture et non pas l’enlèvement d’un soldat israélien par le Qassam n’est pas une chose aisée car non seulement les soldats israéliens tout comme leurs homologues US ne prennent aucun risque possible sur le terrain et n’avancent que protégés par les blindés et un soutien aérien tactique. Mais ce n’est pas tout, tous les soldats israéliens des unités Golani classé élite de l’élite sont équipées d’une puce RFID (Radio Frequency Idenfication) spéciale facilitant leur localisation en cas de capture. Les éléments du Qassam ont donc appris à désactiver ou à détruire ces nano-puces intégrées aux treillis des soldats israéliens.

Il ne fait aucun doute que Netanyahu se trouve en très mauvaise posture. Les tirs de roquettes palestiniennes se poursuivent. L’incursion terrestre ne semble pas une solution mais est devenue un problème en soi. Très pragmatique, Washington a fait mine de regarder de loin. L’initiative égyptienne ayant échoué. Français et Turcs se sont égarés ou plutôt noyés dans les méandres de la géopolitique moyen-orientale. Reste le pompier Kerry. Avec pour objectif d’atteindre rapidement un cessez-le-feu. Kerry est allé jusqu’à tourner en dérision les déclarations israéliennes sur l’efficacité des frappes israéliennes. Obama tient enfin sa revanche sur un Netanyahu hautain, méprisant et arrogant envers son plus grand allié.

C’est ce dernier qui a besoin de Washington pour le sauver d’une situation sans issue et non l’inverse.

Sans issue est également la situation des populations civiles à Gaza. Sans eau, ni gaz ni électricité. Subissant une pluie d’obus d’artillerie de gros calibre et des bombes aériennes quasiment dos au mur après ce qui est perçue à Gaza comme la trahison égyptienne.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies, tiraillés entre les intérêts divergeants des grandes puissances et plus particulièrement la volonté de Washington, Londres et Paris de venir au secours d’Israël, sera forcé de se pencher sur cette question explosive.

Finalement, Gaza s’est transformé en une immense trappe pour Israël, lequel a fini par croire à ses propres mythes forgés de toutes pièces sur l’invincibilité de ses armes.

Nous sommes en juillet 2014 et ces horreurs se passent 100 ans après le début de la der des ders.


STRATEGIKA 51