Paul West, de lInstitut de lEnvironnement de lUniversit du Minnesota, y croit.


Nous serons 9,6 milliards dhumains en 2050. Comment nourrir tout le monde? La question agite les milieux scientifiques. Une rcente tude publie dans la revue Science, mene par Paul West, de lInstitut de lEnvironnement de lUniversit du Minnesota, entend identifier clairement les principaux leviers pour amliorer la scurit alimentaire, sans augmenter la taille des surfaces cultives (et donc sans aggraver la dforestation par exemple).
Nourrir les gens de manire durable aujourdhui, et dans le futur, est un des grands dfis de lhumanit. Lagriculture est une importante source de consommation deau, dmissions de gaz effets de serre et de perte dhabitat, mais nous avons besoin de produire plus de nourriture, explique-t-il au Guardian. Nous avons t surpris de voir comment des changements dans quelques pays, et sur quelques cultures, peuvent faire une grosse diffrence, dit-il encore.
Les choses faire sont videntes, mais nont jamais t appliques grande chelle, prcise Newsweek. Et ltude donne des chiffres assez prcis des bnfices possibles.

Voil les grandes tapes, identifies par Vox, technologiquement faisables et qui pourraient amliorer la scurit alimentaire du monde: dabord, il faudrait, selon les chercheurs, accrotre les rendements des cultures en Afrique, en Asie et en Europe de lEst. En comparant avec les rendements dautres zones de mmes climats, cultures et techniques de management, certaines zones pourraient produire beaucoup plus.

Dans la majorit des cas, cela reviendrait utiliser plus ou mieux les engrais, selon ltude Tout en vitant par ailleurs lutilisation excessive dengrais dans dautres zones: tout quilibrer pour moins polluer. Ceci dit, lutilisation dengrais chimiques ne fait pas consensus chez les agronomes. Marc Dufumier par exemple pense que lon peut nourrir tout le monde en 2050 avec une agriculture biologique.

Au final, rduire ces carts de rendements pourrait rpondre aux besoins caloriques de 850 millions de personnes, sans augmenter les terres agricoles.
Ensuite, Paul West et son quipe identifient une autre ncessit, celle dutiliser leau plus efficacement (notamment en Inde et en Chine) et de limiter la pollution de celle-ci lie aux nitrates et phosphores.

Troisime ncessit: tout simplement limiter le gaspillage alimentaire. Il y a des problmes dinfrastructures rgler (par exemple 16% des crales stockes au Pakistan sont perdues parce que les btiments ne sont pas assez protgs contre les rongeurs) mais aussi des problmes de consommateurs qui rechignent encore manger des lgumes moches ou qui grent mal leur frigo. Selon ltude, limiter le gaspillage alimentaire en Inde, en Chine et aux Etats-Unis pourrait permettre de nourrir 413 millions de personnes de plus.
Enfin, ltude nous conseille de nous calmer sur la viande et plus particulirement le buf et les bio-carburants. Ainsi, si toutes les cultures ddies lalimentation animale et aux biocarburants taient converties en cultures pour lalimentation directe des humains, on pourrait avoir de la nourriture pour 4 milliards de personnes de plus.

Paul West est bien conscient que le changement climatique risque de compliquer la tche (mme si en mme temps, les moyens de rduire les missions de CO2 passent aussi par lagriculture). Mais selon lui, il est dj important de faire ce bilan global, pour les ONG, les gouvernements, les groupes de citoyens et les entreprises:

Ce que nous avons vraiment cherch faire, cest une feuille de route quelles zones du monde, quelles cultures, quels types daction de ce qui pourrait avoir un plus gros impact sur toute la plante

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