Le Maroc est le pays où les prix de l’Internet ADSL seraient «les moins chers» dans le monde arabe. En tout cas, c’est la principale conclusion d’une récente étude du cabinet Arab Advisors Group. Intitulée «ADSL Rates in the Arab World : A Regional Comparison 2014», l’étude s’est intéressée aux prix de l’ADSL dans 19 pays arabes, à savoir l’Algérie, le Bahreïn, l’Égypte, l’Irak, la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Libye, la Mauritanie, le Maroc, le Sultanat d’Oman, la Palestine, le Qatar, l’Arabie Saoudite, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, les Émirats Arabes Unis et le Yémen. Le Maroc est donc premier, suivi par la Tunisie, l'Égypte et l’Algérie qui arrivent donc en troisième et quatrième positions. Et c'est l’Irak qui ferme la marche. Selon l’Arab Advisors Group, le tarif de la connexion ADSL dans le monde arabe est «raisonnable» avec un prix moyen de 736,4 dollars par an.

Ceci dit, l’étude précise que ce classement changerait si l'on prenait en compte le PIB par habitant. Là, ce sont les pays du Golfe qui seraient de loin les pays arabes où l’ADSL est le moins cher. Notons que le cabinet d’études s’est basé sur le prix annuel d’une connexion ADSL de 1.024 kb/s. «Il s’agit de la vitesse de connexion proposée dans la plupart des pays arabes», précisent les initiateurs de l’étude. Celle-ci révèle aussi que la vitesse de connexion 2 Mbps est la plus offerte par les fournisseurs de service Internet dans la région. Le coût moyen annuel pour une connexion de 2 Mb/s dans la région varie entre 173 dollars US en Tunisie et 9.097 dollars en Irak. Dans notre pays, les offres ADSL vont de 99 DH (4 Mbps) à 499 DH (20 Mbps).

Le fait que le Maroc trône en pôle position des pays les moins chers a surpris plus d’un. En effet, le marché de l’ADSL dans le royaume reste encore dominé par un seul opérateur, à savoir Maroc Telecom. L’opérateur historique exerce un monopole de fait puisqu’il est le seul à disposer de l’infrastructure nécessaire pour le déploiement de l’ADSL. Depuis la libéralisation du secteur en 2001, l’État et le régulateur du marché (ANRT) ont tenté de pousser les autres opérateurs (Méditel et Wana Corporate) à investir le créneau, à travers la formule du dégroupage (partage de l’infrastructure de Maroc Telecom moyennant un prix de location). Mais rien n’y fait. Les deux autres intervenants du marché ont souvent jugé les conditions de partage non viables économiquement. En juin 2014, l’ANRT a décidé d’aller plus vite en accordant à Maroc Telecom un délai de 45 jours pour proposer une nouvelle formule de tarification.
- le matin