Agadir 45 ans de tourisme dans l’impasse.02.07.2015
Agadir 45 ans de tourisme dans l’impasse_02.07.2015

Il y a des vérités qui font mal. Très mal même. On aurait aimé ne pas soulever ces vérités si tout marchait bien dans le secteur du tourisme à Agadir. Malheureusement ce n’est pas le cas. Donc par honnêteté déontologique, par le poids d’une engagement citoyen exercé dans le cadre d’un journalisme responsable, on ne peut qu’évoquer ce mal qui range le tourisme dans la destination ces 15 dernières années.

Le titre, Agadir : 44 ans de tourisme dans l’impasse, en dit long et veut tout dire on peu de mots. En effet, une destination touristique se développe avec les années ; améliore son produit, accueille plus de visiteurs, renforce son image de marque et connaît plus d’investissements touristiques et para touristiques. Ce n’est pas le cas d’Agadir.

Les années 70 et 80, un peu moins Les années 90 étaient les années de floraison du tourisme. Si l’on prend l’année 1970, comme référence en matière de capacité hôtelière, l’on remarque que l’on devrait avoir au moins 1000 lits supplémentaires par an, pour assurer un bon développement de la capacité litière de la destination. Ainsi donc, pour simplifier en 44 ans, on devrait avoir, au moins 44 000 lits, supplémentaires.

Le constat de nos jours est amer. La destination comptabilise 30 000 lits mais n’en exploite convenablement que la moitié. La faille est donc très grande, surtout que les 50 % existants mais non commercialisables le sont à cause des établissements hôteliers qui ne sont pas rénovés, sont vétustes, mal gérés, accumulent les handicaps depuis des années. Lorsqu’on y ajoute des hôtels fermés, année sur l’autre, qui pourtant travailler avant, cela donne ce résultat d’une station balnéaire en manque de lits, donc ne répondant pas à la demande de TO.

Cette situation d’impasse où se trouve la destination est vraiment dramatique. Car il s’agit toute même de l’unique destination balnéaire nationale ouverte toute l’année, aux touristes internationaux et aux nationaux. Agadir n’a donc pas de concurrent à l’échelle du pays et devrait donc connaître un développement croissant année sur l’autre. La situation est dramatique car, rien en marche plus dans le secteur. Tout dégringole.

Si l’on exclue les établissements de front de mer, le reste ne marche pas. Les restaurants sont en faillite, le commerce également. Le All Inclusive fait d’année en année des victimes. Rien ne se fait pour le contrecarrer avec une bonne animation, un évènementiel consistant, un bon produit tant en hôtellerie, qu’en matière urbaine… Bref, On a laissé les choses empirer sans trop s’investir dans des solutions correctes au moment où les difficultés apparaissaient. Le cumul des problèmes et des handicaps a donné ce résultat déroutant. Après 44 ans de tourisme la destination Agadir est dans l’impasse.

Le constat a été dit en public lors de la Journée débat sur le tourisme. C’est déjà « positif » car tout le monde est d’accord pour chercher et trouver des solutions adéquates afin de sortit la destination de cette impasse. Or rien en se fera sans une bonne implication des Pouvoirs Publics, celle des professionnels, des élus et des autorités locales. Une complication de taille s’annonce à l’horizon : celle des élections prévues pour septembre prochain. En d’autres termes, tous les intéressés seront occupés à gérer, chacun selon dans son angle d’attaque, le déroulement de ces élections.

Une fois les élections terminées, il faut attendre la mise en plus des institutions élues locales, professionnelles et régionales. Pour que tout ce nouveau monde comprenne la situation et s’implique à entamer des solutions, il se passera une année de plus, dans le cas le plus optimiste. Résultat, une bonne année de plus, sans aucun résultat concret. Si on ajoute la mise en place d’un nouveau gouvernement issu des élections, cela complique la donne encore, car la réaction ne pourra pas se faire tout de suite pour résoudre le problème du tourisme à Agadir. C’est parti pour trois ans.

Moralité, on n’est pas encore sorti de l’auberge. A 44 ans du tourisme, on ajoutera 3 ans de plus, pour arriver à 47, avec un tourisme dans la destination toujours dans l’impasse. Espérons que cela se fasse en moins de temps et que nous nous trompons en évoquant tout cela. UN miracle arrivera, peut-être qui sait ? Au moins pour ouvrir les hôtels fermés, terminer les chantiers hôteliers arrêtés et mettre à niveau les établissements vétustes et assurer une bonne mise à niveau urbaine du produit touristique dans sa globalité et dans toutes ses composantes, en moins de deux ans.

« L’espoir fait vivre », dit l’adage populaire. Qui vivra verra…