Dans le cadre du projet Sidekick, Microsoft et la Nasa ont conclu un partenariat en vue de tester les lunettes de réalité augmentée HoloLens dans la Station spatiale internationale. À terme, cette technologie pourrait contribuer à la formation des astronautes. Encore faut-il que ces lunettes parviennent jusqu'à l'ISS...

La Nasa aimerait bien envoyer plusieurs paires de lunettes à réalité augmentée HoloLens dans la Station spatiale internationale. Après une batterie de tests, elles pourraient servir aux astronautes à échanger plus efficacement avec les équipe

Le casque HoloLens plaît beaucoup à la Nasa qui espère essayer ce dispositif de réalité augmentéedans la Station spatiale internationale (ISS). Las, l'engin fait partie du fret carbonisé par l'explosion du Falcon 9 de SpaceX ce dimanche 28 juin. L'agence spatiale américaine doit penser à une nouvelle tentative d'expédition car l'idée n'est pas d'améliorer les loisirs des astronautes. Les appareils embarqués n'étaient d'ailleurs pas une copie du casque HoloLens mais provenaient d'un projet — baptisé Sidekick — qui en est dérivé. Sidekick s'appuie sur les compétences de Microsoft dans la réalité augmentée. Un aperçu de ce savoir-faire a pu être observé lors de l'E3 2015, un salon dédié aux jeux vidéo, avec une association étonnante entre HoloLens et Minecraft.L'intérêt de la Nasa pour ce type de périphérique a éclaté au grand jour ce printemps, lorsque l'agence s'est rapprochée de la société ODG (Osterhout Design Group) pour élaborer une paire de lunettes high-tech destinée à assister les astronautes dans leurs tâches quotidiennes, avec des informations s'affichant directement sur les verres, évitant ainsi la consultation du manuel en papier.
Microsoft a créé la surprise en dévoilant des lunettes à réalité augmentée qu’il présente comme un « ordinateur holographique sans fil ». Les HoloLens peuvent afficher des objets virtuels en 3D immergés dans un environnement physique, en permettant à l’utilisateur de les manipuler et de les modifier. © Microsoft

Faciliter la collaboration entre les équipes au sol et les astronautes

Sidekick propose deux modes d'affichage. Le premier (« Mode Expert à distance »), s'appuie surSkype, qui appartient aussi à Microsoft, et permet à un opérateur au sol de suivre ce que voit l'astronaute avec son casque afin de lui fournir des conseils en temps réel. Il est même question de pouvoir afficher des annotations pour l'aider dans sa tâche.Pour la Nasa, il s'agit d'un formidable bond en avant. « Jusqu'à présent, les membres de l'équipage devaient compter uniquement sur des instructions vocales et écrites pendant l'exécution d'expériences ou de réparations complexes », note l'agence. Désormais, il y aura aussi un canal vidéo permettant de constater de visu ce qui se passe au fur et à mesure.Le second mode (« Mode Procédure ») affiche des illustrations holographiques animées qui permettent à l'astronaute de réaliser des tâches de façon autonome. Ces hologrammes s'affichent en superposition (via l'écran de Sidekick) sur les objets avec lesquels il est en interaction, ce qui lui permet de savoir ce qu'il doit faire.Là encore, la Nasa estime que cette piste offre de grands avantages. Elle pourrait diminuer le volume de formation nécessaire à la préparation des futurs équipages et être une ressource très précieuse pour les missions d'exploration du Système solaire, dans la mesure où les retards de communication du fait de la distance compliquent des opérations déjà difficiles.La réalité augmentée pour simuler Mars

Quand ils parviendront dans l'ISS, ces appareils seront soumis à une batterie de tests afin de vérifier leur fiabilité, tant sur le plan logiciel que matériel. Les deux modes seront aussi expérimentés dans diverses situations. Une attention particulière sera apportée au Mode Expert à distance afin de s'assurer de la qualité de la liaison avec laTerre.L'utilisation en situation réelle des casques Sidekick pour de vraies missions dans l'ISS aura lieu d'ici la fin de l'année. Sidekick n'est pas le seul projet de collaboration entre la Nasa et Microsoft. Les deux sont également liées par d'autres projets sur la réalité augmentée et l'informatique holographique à des fins d'exploration spatiale, comme le projet OnSight. Celui-ci permet de simuler un environnement martien destiné aux scientifiques, en utilisant là encore la technologie HoloLens.